Andrew Scheer un Backstabber? Pas si vite!!

Depuis quelques jours, je vois Ezra Levant, un chroniqueur de droite que j’adore, tomber à bras raccourci sur le chef conservateur Andrew Scheer. Un rare qui, tout Juif qu’il est, ait le courage de défendre les chrétiens tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, et qui n’a pas peur de critiquer nos élus, même conservateurs lorsque c’est le temps, il occupe une place à part dans mon fil Twitter et mon Roku. Par contre, je ne comprends pas que le Rebel Commander accuse M. Scheer d’être un traitre, un backstabber, un hypocrite, simplement parce que son parti a voté pour une motion d’appui à l’Accord de Paris.

Photo: The Rebel, 8 juin 2017 (sur Twitter)

Parce que j’ai travaillé dans l’équipe de Maxime Bernier, je réitère que mon désir était d’avoir un chef de l’opposition officielle qui a des idées arrêtées qui ne plaisent pas forcément à tous et qui fait preuve de détermination pour les défendre s’il y croit, et certes pas quelqu’un qui cherche trop le compromis, et c’est malheureusement la raison pour laquelle j’ai été près de ne jamais marquer Andrew Scheer sur mon bulletin de vote. Mais je me suis ralliée à M. Scheer, par contre je ne lui ai pas donné le Bon Dieu sans confession, j’attends de lui qu’il soit ferme, qu’il fasse preuve de leadership dans tous les enjeux qui font vibrer les Canadiens. Je suis la première à me demander pourquoi on impose la ligne de parti pour appuyer l’accord de Paris en fin de session parlementaire, alors que des 14 candidats à la chefferie conservatrice, seul Michael Chong appuyait ouvertement une taxe du carbone. Mais de là à accuser toute la députation conservatrice de trahison et de nous avoir laissé tomber à cause d’une motion, même pour moi il y a une marge!

D’accord, cet accord de Paris, avec tout ce que ç’a entraîné de conversion verte chez plusieurs de nos politiciens et de lois totalement ridicules, je le déteste au même titre que les précédents, dont celui de Kyoto… que le Canada ne respecte même pas! Ensuite, le président des États-Unis Donald Trump a eu le courage d’en retirer son pays, alors pourquoi les Conservateurs du Canada ne font-ils pas un filibuster pour forcer le gouvernement à renier sa signature à son tour?

Si cela me met en colère tant d’Andrew Scheer que des députés qui ont voté dans le même sens, d’autre part, entre nous… franchement, qu’ossa donne???

Tout d’abord, l’accord de Paris en lui-même n’est pas contraignant de toute manière. Ensuite, Justin Trudeau n’était pas à la Chambre des communes (en fait, c’est quand, la dernière fois qu’il y a mis le nez?), il était plutôt à Montréal avec l’ex-président Barak Obama. Enfin, de grâce on se calme! Respirez par le nez, c’est juste une motion, pardi! Elle n’a aucune force de loi. Pire que ça : le but de cette motion était de narguer le président Trump et sa décision de se retirer de cet accord. Simplement.

Je crains qu’Ezra Levant ait extrapolé et accuse quiconque appuie cette motion d’être en faveur d’une taxe fédérale sur le carbone. Était-ce bien le cas? Aucunement, alors inutile de s’énerver. Et de toute manière, Andrew Scheer n’a-t-il pas promis, dans sa campagne à la chefferie, qu’il abolirait cette taxe? En quoi une motion le ferait-il changer d’avis?

Ce que je crois personnellement, c’est qu’en forçant la ligne de parti, Andrew Scheer a refusé de jouer la game de Trudeau, qui se cherche des arguments pour réaffirmer ses volontés don quichottiennes de lutter contre la nature, et cela sur le dos des Conservateurs.

Les insultes comme par exemple « Les Conservateurs sont de méchants pollueurs, des empêcheurs de danser en rond, ils cherchent à bloquer la mise en place de l’accord historique que j’ai signé à Paris! », je les voyais venir gros comme le bras. Si Andrew Scheer est assez intelligent, il les a vues venir aussi.

Ce serait faire carrément de la petite politique sur un non-enjeu et mettre les Conservateurs dans une position très inconfortable, surtout au Québec et en Ontario (là où l’environnement prend tellement de place que c’en est devenu une religion), à deux ans des prochaines élections.

En ce sens, je ne peux pas blâmer Andrew Scheer. Eh oui, moi, la fille de Québec qui a littéralement désavoué son député dans son choix de candidat et qui trouve M. Scheer trop timide, trop beige, trop obsédé par le compromis, je crois qu’il a bien fait. C’est pourquoi je lui donne, pour cette fois-ci, le bénéfice du doute. Mais attention! Il devra faire preuve de plus de leadership que ça à l’avenir!

Cela dit, je ne veux rien savoir de la taxe du carbone, ni de l’Accord de Paris!

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