Oui, le paysage politique se réaligne au Québec

Sur mon blog, dans les heures suivant la démission de Pierre Karl Péladeau à titre de chef du Parti Québécois et député de Saint-Jérôme, j’annonçais un réalignement du paysage politique au Québec en raison de la lente agonie de l’option souverainiste.

Ma prédiction: fin des partis nationalistes et retour d’une course à trois entre le Parti libéral du Québec, le Parti conservateur du Québec et le NPD du Québec.

PLQ PCQ NPD

Vous allez me dire que le NPD du Québec n’est pas là… Plus maintenant! Car cette formation a élu son exécutif national à la fin d’avril 2017 et pourrait présenter un candidat — Denis Blanchette, qui a été député fédéral de 2011 à 2015 — dès l’élection partielle à venir dans la circonscription de Louis-Hébert pour succéder à Sam Hamad!

Informations ici: Le Soleil

Un mot: ALLÉLUÏA!

Le nom Nouveau Parti Démocratique et l’acronyme NPD ont une signification politique, historique et symbolique beaucoup plus puissante que Québec Solidaire, et pourrait contrairement à QS garantir sa survie à long terme.

Pourquoi? Québec Solidaire est un parti souverainiste, et l’option souverainiste est en déclin, tandis que le NPD se retrouve à la grandeur du Canada, tant au fédéral qu’au provincial. Ce défaut pourrait lui jouer des tours si jamais un poids lourd comme Thomas Mulcair accepte de briguer la direction du NPD du Québec, la course devant selon l’article du Soleil être lancée le 1er septembre prochain.

Les effets d’un retour du NPD seraient plus significatifs que vous ne pourriez le croire, pour les raisons suivantes:

  • Le Parti libéral du Québec, qui n’est de nos jours qu’une vulgaire coalition de fédéralistes, risque davantage de perdre des membres très à gauche au profit d’un NPD tout aussi fédéraliste qu’ils ne le feraient pour Québec Solidaire
  • Philippe Couillard et son ministre David Heurtel nous ont récemment présenté des projets de loi plus néo-démocrates que libéraux (lois sur les véhicules zéro émissions, écofrais, bourse du carbone et Fonds vert), et un NPD-Québec bien en selle (après l’élection d’un chef solide et l’adoption en congrès d’une plate-forme comprenant le Leap Manifesto de son parent fédéral) lui ferait une sacrée compétition que même le premier ministre Couillard pourrait sous-estimer…
  • Aux élections fédérales de 2011 et 2015, il s’est élu plusieurs députés néo-démocrates sur l’île de Montréal, alors qui sait!…

Cela serait une excellente nouvelle pour la démocratie, parce que la coalition libérale — déjà fragilisée, à mon humble avis, par le déclin de l’option souverainiste et le ballon d’essai raté de Philippe Couillard qui veut rouvrir le débat constitutionnel alors que tout le monde s’en fiche! — se casserait une fois pour toutes, assez  pour que les membres à gauche aillent au NPD-Québec et ceux de droite au Parti conservateur du Québec.

Si vous saviez comme je m’en réjouis!

Où devrait aller un ex-adéquiste?

Le printemps dernier, j’ai eu la chance de prendre une bière à mon Beauport natal avec des amis conservateurs de ma région. C’était en plein blitz final de la course à la chefferie conservatrice et tous les paliers de gouvernance y ont passé… y compris les commissions scolaires.

La nostalgie fut également au rendez-vous, car j’étais en compagnie d’anciens militants de l’Action démocratique du Québec. 10 ans après l’entrée spectaculaire du parti de Mario Dumont à l’opposition officielle, ce fut très plaisant de se remémorer des bons souvenirs.

Ancien logo ADQ

La plupart des gens réunis étaient contre la fusion entre l’ADQ et la CAQ, pour à peu près les mêmes raisons que j’avais de ne plus appuyer la formation de François Legault. Mais peu d’entre eux ont osé prendre leur carte de membre du Parti conservateur du Québec.

Et pourtant, seul le PCQ défend l’abolition des commissions scolaires, la fin des CPE contre 100$/semaine par famille, et le privé en santé. Ce sont d’ailleurs les trois enjeux les plus importants d’un ami qui était présent, mais qui depuis le printemps étudiant de 2012 milite pour le Parti libéral du Québec.

Tout d’abord, la surprise immense de le voir là!!! D’abord, je le comprends d’avoir refusé de suivre son ancien parti dans la CAQ. Ensuite, j’ai fait la part des choses parce que c’est à peine si les Conservateurs sont de retour dans le paysage politique, et c’était dans un contexte de printemps étudiant, en 2012, qu’il a pris la décision de mettre un petit bleu dans le PLQ. Mais je m’explique mal pourquoi cet ami n’a pas voulu laisser sa chance au Parti conservateur du Québec deux ans plus tard, car c’est le seul parti qui ait défendu les 3 enjeux mentionnés plus haut, et qui lui tiennent tant à coeur, en campagne au printemps frisquet de 2014.

2012 était l’année où le Parti québécois devait logiquement revenir au pouvoir, et majoritaire s’il vous plaît! En effet, cela faisait des mois que les Libéraux de Jean Charest, usés par 9 ans de pouvoir, étaient sur la sellette, écrasés par des scandales de toutes sortes, et pressés par l’opposition de tenir une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Je lève mon chapeau à la regrettée Sylvie Roy, qui n’a jamais abandonné. Mais il y a eu également le printemps étudiant qui a monopolisé une bonne partie de l’année 2012 parce que les étudiants des cégeps et universités du Québec contestaient la hausse des droits de scolarité votée dans le budget de mars 2011. Hausse que j’approuvais à 100% et pour laquelle j’ai ouvertement défendu nos institutions démocratiques, sans pour autant prendre ma carte de membre du PLQ. J’en étais tout simplement incapable.

Récemment, l’ex-député Sylvain Lévesque nous a enseigné à la radio ce qu’est la Wedge Politics. Sa chronique très intéressante explique comment un parti peut jouer cette carte pour diviser la population en deux et espérer gagner, en mettant à l’avant-plan un enjeu secondaire la plupart du temps, mais qui fait jaser jusque dans l’urne. Cette stratégie, au Québec, a pour but évident de réduire l’influence de la «troisième voix» introduite en 2007 par l’ADQ.

Le conflit étudiant de 2012, qui a carrément supplanté tous les scandales libéraux, a été un wedge issue sur lequel le Parti Québécois de Pauline Marois misait pour regagner le pouvoir, car la Coalition Avenir Québec à peine formée était d’accord avec la hausse des droits de scolarité. Les syndicats, qui appuient généralement le PQ, sont alors intervenus de façon très visible en finançant le conflit étudiant à même les cotisations de leurs membres. Je m’en souviens comme si c’était hier – étant en congé de maternité, j’ai tout suivi tant à la radio qu’à la télévision en berçant mon bébé. Et c’est là que mon positionnement à droite s’est cristallisé. Merci, Martine, Léo et Gabriel pour votre aide!

Frapper sur des casseroles et arborer le carré rouge en plein salon bleu fut un pari très risqué de la part des péquistes et des syndicats, car le 4 septembre 2012, Pauline Marois n’est arrivée au pouvoir que par la peau des fesses, parvenant à élire seulement 54 députés péquistes, contre 50 libéraux. Il est clair les Québécois n’ont pas aimé ça. Belle leçon sur les risques de la wedge politics…

Ce conflit a laissé des traces, mais de là à pousser des adéquistes chez les Libéraux il semble y avoir une sacrée marge… Surtout si on a vraiment à cœur le privé en santé, l’argent aux familles au lieu des CPE et l’abolition des commissions scolaires. Je sais, je parle en conservatrice full patch.

Vous allez me dire, où tu t’en vas avec ça, ma belle?

La réponse est simple : je ne crois pas au jour où un gouvernement libéral abolira les commissions scolaires, les CPE et le monopole du public en santé.

Pourquoi? Pour chacun des 3 points, je vous donne ici les raisons :

Santé

Le Parti libéral du Québec n’est aucunement différent de son parent fédéral en ce qui a trait à la tendance malsaine à vouloir tout centraliser, tout contrôler. La santé ne fait pas exception. Comme exemple flagrant, les agences régionales de santé et services sociaux devaient être abolies. Le gouvernement l’a fait… mais a placé des CISSS et des CIUSSS qui font exactement la même chose. Seule l’appellation a changé… Et vous n’avez qu’à suivre le ministre de la santé Gaétan Barrette.

Vous croyez vraiment qu’un gouvernement libéral acceptera plus de privé en santé, notamment en permettant aux familles de prendre une assurance santé complète, et aux employeurs d’offrir un plan complet à leur personnel? Vous croyez qu’un jour un médecin pourra faire à la fois de la pratique privée et du dépannage en urgence dans nos hôpitaux publics? Moi, je n’y crois pas, quand même le premier ministre Couillard sortirait une promesse en ce sens durant les prochaines élections.

NE LE CROYEZ PAS!

Garderies remplacées par 100$/semaine par enfant de moins de 6 ans

Vous me direz que c’est le PQ qui a mis le système de Centres de la petite enfance et de subventions en place? Oui, tout à fait. Mais ce n’est pas d’hier que le Parti libéral du Québec hérite de structures mises en place par un gouvernement péquiste sortant… et qu’il en profite!! Les permis de garderie sont une mine d’or pour les Libéraux, ils ne les laisseront pas tomber, je vous en passe un papier.

Pourquoi? Il y a tellement d’intérêts partisans et financiers – souvenez-vous de l’histoire des Post-it collés sur les CV de candidats à la profession de juge, lors de la commission Bastarache – à ce que le gouvernement gère l’attribution de places en garderie plutôt que de laisser le marché décider, et cela malgré les changements aux règles de financement des partis politiques. Je lance d’ailleurs un appel aux jeunes femmes qui veulent obtenir la subvention pour leur service de garde : une volontaire pour faire un don de 100$ au PLQ? Ce n’est pas cher, seulement 100$! Vous saurez me dire…

Alors si jamais Philippe Couillard promet cette politique, c’est pour voler des votes au Parti conservateur du Québec aux urnes uniquement.

NE LE CROYEZ PAS!

Abolition des commissions scolaires

Tout d’abord, vous savez tous que la communauté anglophone du Québec tient aux commissions scolaires. C’est un palier de démocratie dans lequel les familles anglophones s’impliquent sérieusement, car ils ont l’éducation à coeur plus que les francophones (hélas, un fait). Le PLQ a besoin des anglophones de l’île de Montréal pour rester au pouvoir. Alors, il  ne promettra pas d’abolir les commissions scolaires!

Mais ils l’ont promis une fois élu!!! Oui, c’est un fait. Surtout après le taux de participation anémique lors du dernier scrutin scolaire. Et nous avons tous vu nos derniers ministres de l’éducation promettre l’abolition des élections scolaires et des commissions scolaires, ou du moins nous donner l’impression qu’ils y travaillaient. Tout particulièrement François Blais, qui prenait cet enjeu très au sérieux, et avait annoncé la fin des élections scolaires… Tous dégommés. C’est clair qu’il y a eu un retentissant PAS TOUCHE et il est facile de s’imaginer que si Sébastien Proulx, un ex-adéquiste qui a profité de la porte ouverte dans Jean-Talon, a été promu à l’éducation, c’est qu’il a forcément renié son passé adéquiste. Quel gâchis!!

C’est pourquoi le jour où les commissions scolaires seront remplacées par un bon universel d’éducation, c’est-à-dire l’argent qui suit l’enfant, ce sera sous la gouverne d’Adrien Pouliot et rien d’autre.

Et la CAQ, elle? me direz-vous. François Legault a promis de remplacer les commissions scolaires par des centres de services. Traduction : remplacement, et non abolition.

NE LES CROYEZ PAS!

Mais alors, qu’allons-nous faire?

J’invite tous ceux qui ont cru en Mario Dumont et en l’Action démocratique du Québec de bien examiner les actions et articles sur tous les partis dûment enregistrés au Directeur général des élections du Québec, et de voir lequel se rapproche le plus du défunt parti. Vous allez avoir des surprises!

 

On se revoit donc à une prochaine activité du PCQ !

Pourquoi des vacances de la construction?

Avez-vous remarqué qu’au Québec, à chaque été, la quasi-totalité des chantiers de construction ferment pendant deux semaines et qu’un grand nombre de familles se retrouvent en vacances à cette période précise de l’année? C’est tout simple : depuis 1971, un congé obligatoire est accordé aux travailleurs de l’industrie de la construction. (Source : Wikipédia (français))

Ironiquement, c’est sous le règne du gouvernement libéral de Robert Bourassa que cette mesure a été mise en application! Jusqu’à 1992, les dates étaient fixées par décret gouvernemental, mais depuis 1993 ce sont les conventions collectives du secteur de la construction qui ont pris le relais.

Les conventions collectives couvrent tant les contrats publics que privés, ce qui inclut les chantiers routiers, la construction résidentielle, les immeubles commerciaux, les fondations, la démolition, ainsi que plusieurs fournisseurs et opérateurs de machinerie lourde. Cela veut dire que c’est une industrie entière qui cesse ses opérations et que presque le quart de la population de la province est en vacances pour deux semaines complètes du 23 juillet au 5 août 2017. Sans aucun autre choix.

Il y a heureusement quelques exceptions acceptées par la Commission de la construction du Québec, permettant à certaines entreprises de demeurer au travail durant les vacances de la construction, par exemple pour des travaux routiers urgents qui ne peuvent pas être mis de côté pendant deux semaines. Mais malheureusement le trou béant de l’autoroute 25 restera intact durant les vacances de la construction…

Pourquoi des vacances obligatoires en plein été? C’est pourtant le meilleur temps de l’année pour les chantiers de toutes sortes, sans oublier que la période propice aux travaux est réduite durant l’année au Québec en raison de nos hivers.

Où est le problème, me direz-vous? Si les infirmières veulent du temps de repos, doit-on fermer les hôpitaux? Si les comptables agréés veulent un congé en pleine période des impôts, le gouvernement fédéral doit-il fermer son agence du revenu pendant une semaine? Si les pompiers veulent des vacances, doit-on fermer les casernes? Bien sûr que non, alors pourquoi ferme-t-on les chantiers pendant 2 semaines en plein été?

Je considère que d’imposer deux semaines fériées et chômées obligatoires durant une période de pointe de l’année civile est une mauvaise idée, parce que ça enlève à trop de gens la liberté de choix pour leurs vacances, ça augmente le risque d’accidents en raison du flux anormalement élevé de véhicules de promenade et de VR sur nos routes (déjà plusieurs accidents selon le Journal de Québec), et surtout ça cause du tort aux entrepreneurs en leur enlevant deux semaines de travail. Sans parler de travaux urgents qui sont repoussés, comme le trou béant sur l’autoroute 25 à la hauteur de Saint-Roch-de-l’Achigan qui devra attendre…

C’est pourquoi, alors que le quart des Québécois sont en vacances d’après les estimés de plusieurs, ne devrait-on pas nous interroger sur le bien-fondé d’une telle mesure prise il y a 45 ans et la remettre en question? Pourquoi ailleurs sur le continent personne ne se plaint de travailler sur les chantiers durant l’été?

Il y a 50 ans, une belle récupération politique

Tous les souverainistes me citeront une seule phrase du discours du président français Charles De Gaulle prononcé à Montréal le 24 juillet 1967, sur le balcon de l’hôtel de ville, il y a 50 ans: «Vive le Québec libre!»

Mais avaient-ils raison de s’approprier un tel discours? Voici l’intégrale du discours:

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal … française. (ovation du public) Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur ! Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas, (rires de la foule) ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération(longue ovation de la foule)

Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d’affranchissement (ovation) vous accomplissez ici, et c’est à Montréal qu’il faut que je le dise, (ovation) parce que, s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre! (ovation) Je dis c’est la vôtre et je me permets d’ajouter, c’est la nôtre. (ovation)

Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d’immenses épreuves, porte maintenant vers vous. Si vous saviez quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada(ovation), et si vous saviez à quel point elle se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C’est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson(ovation), des accords pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française. (ovation)

Et, d’ailleurs, le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous et qui, un jour, j’en suis sûr, vous permettront d’aider la France. (ovation)

Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal ! Vive le Québec ! (ovation)

Vive le Québec… libre ! (très longue ovation)

Vive le Canada français ! Et vive la France ! (ovation) »

Source: Wikipédia

Source de la photo: Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française 

Ce que j’ai compris, c’est que, outre sa fierté de voir des liens — d’affaire — s’établir entre le Québec et la France, le président de la république française soulignait le fait qu’en pleine Révolution tranquille, on assistait enfin à la naissance d’entrepreneurs québécois, d’hommes forts de la politique québécois parlant le français, et de la recherche et développement chez nous, par et pour nous. Les grands projets prenaient naissance (Expo 67, le stade olympique de Montréal, le métro de Montréal, etc.). Bref, les Québécois prenaient enfin leur place! Après nous être contentés trop longtemps de nos terres agricoles et de nos emplois en usine, il y a de quoi être fier. Je ne vois pas en quoi ce discours faisait la promotion de l’indépendance du Québec, et encore moins en quoi le gouvernement fédéral y a vu une menace…

Et comble de l’ironie, 50 ans après ce qu’ont utilisé très longtemps nos souverainistes pour justifier leur projet de pays, Jean-François Lisée, chef du Parti Québécois, accuse Philippe Couillard, premier ministre libéral, de détourner le discours de Charles De Gaulle!!

Que mon très souverainiste professeur d’histoire de secondaire 4 se soit servi d’une phrase prise hors contexte, ça va, mais que le méchant PLQ fasse de même, scandale? Non, mais il faut le faire…

 

Le Parti conservateur du Québec a ses Martine Ouellet…

Aujourd’hui, une question sans réponse me turlupine, me tarabiscote, me fiche de l’urticaire :

Pourquoi les militants d’un parti politique ont la mausus d’habitude d’écœurer les nouveaux membres issus d’un milieu autre que le leur au lieu de leur souhaiter la bienvenue?

Encore une fois c’est arrivé hier soir. Sur Facebook, j’ai lu la déclaration de Benoît Larocque, militant de longue date du Parti conservateur du Canada, qui invite ses amis à faire comme lui et à prendre leur carte du Parti conservateur du QUÉBEC, et qui se réjouit du retour des conservateurs au Québec. M. Larocque a travaillé dans l’équipe de campagne de Kellie Leitch lors de la dernière course à la chefferie conservatrice, certes pas la moindre de tous les candidats. Il défend les valeurs conservatrices au Canada, et ce n’est pas d’hier qu’il souhaitait qu’un parti conservateur (re)voie le jour au Québec. Or, ça s’est réalisé.

Voici donc sa déclaration intégrale, copiée-collée de Facebook :

Chers amis conservateurs,

L’an prochain, nous serons en élection provinciale.  Depuis que je milite au Parti conservateur du Canada (PCC), j’ai toujours rêvé d’avoir un Parti conservateur du Québec (PCQ).  Tanné d’aider les libéraux du Québec qui aident en retour les libéraux du Canada…

Dans le temps de Brian Mulroney, ce n’était pas le temps de créer un parti conservateur provincial à cause d’une entente entre lui, le PQ et le PLQ.  Dans le temps de Jean Charest non plus, puisqu’il est devenu chef du PLQ.  Avec Stephen Harper, on a eu un rapprochement avec l’ADQ, mais aujourd’hui, il y a un Parti conservateur du Québec qui existe et qui tisse des liens avec le PCC.

Bien sûr, aujourd’hui, beaucoup militants PCC sont avec une autre formation au provincial, c’est normal, il n’y avait pas d’autres alternatives.  Aujourd’hui, tout comme en Ontario et bien d’autres provinces, il y a un Parti conservateur du Québec et nous devons l’appuyer, tout comme les ‘conservateurs de l’Ontario’ appuient le parti conservateur provincial et fédéral.

Certains vont dire que le PCQ est marginal et trop à droite pour eux, c’était vrai il y a deux ans.  Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je suis plutôt au centre de notre parti, ayant évolué avec les « progressistes-conservateurs » et les « conservateurs » et les propositions que j’ai entendues au PCQ du mois d’avril 2017 tiennent maintenant la route.  Plus il y aura de PCC qui deviendrons membres du PCQ, plus le PCQ nous ressemblera et aura de chances d’emporter des sièges à l’Assemblée nationale. 

Au printemps 2017, le PCQ a fait preuve d’une très grande sagesse et d’une très grande ouverture au PCC, d’ailleurs, voici ce qu’on dit certain candidats au leadership de notre parti (source www.pcquebec.ca, section Notre Parti, section Appui candidats PCC 2017)

Maxime Bernier : … concrètement qu’en tant que chef du PCC, j’appuierai publiquement le PCQ et l’inviterai le PCQ à élaborer, avec nous, une stratégie visant à faire avancer les valeurs conservatrices du Québec.

Kellie Leitch : …Aux Québec, nous verrons de quelle façon nous pouvons « établir et maintenir » des relations avec le PCQ, tel que prévu à la constitution, de façon à être bénéfique pour les deux partis

Rick Peterson : … je supporterai les principes et objectifs électoraux du Parti conservateur du Québec… je travaillerai en étroite collaboration pour faire avancer nos intérêts communs dans le domaine du financement, du membership ainsi que de l’avancement de politiques communes pour le développement de nos organisations respectives.

Andrew Scheer : … Comme le stipule notre Constitution, comme chef, je vais établir et maintenir des liens avec le Parti conservateur du Québec.  Dans des mots plus clairs, je serai votre allié dans la promotion des valeurs conservatrice du Québec.  … Il est grand temps que les conservateurs soient représentés de nouveau à l’Assemblée nationale du Québec…  Je vous invite à partager cette lettre avec l’ensemble de vos membres, car il est très important pour moi que les forces conservatrices au Québec travaillent ensemble dans la même direction.

J’entends quelques personnes me dire que le PCQ n’est pas ‘parfait’, c’est vrai, mais à mon sens, c’est clairement mieux que les autres… enfin une vraie voie conservatrice.  J’invite donc tous les membres PCC à joindre le PCQ dès maintenant et en faire un parti à notre image !

Ma réaction en un mot : ALLÉLUÏA!!! Enfin, des conservateurs fédéraux de longue date s’intéressent à nous, c’est génial! Signe d’une maturation de notre parti provincial que de voir des gens des diverses déclinaisons de la droite québécoise se joindre au seul parti provincial qu’Adrien Pouliot lui-même qualifie d’à droite du centre.

Personnellement, je suis libertarienne sur le plan fiscal, législatif et politique – je veux une réduction de la taille de l’État, une baisse des impôts, l’arrêt des subventions aux entreprises, de même que la remise en question de plusieurs programmes et crédits d’impôts. Mais comme chrétienne, je me réclame également de la droite traditionnelle que certains libertariens n’aiment pas, je suis donc une bleue hors-normes qui aime autant Ron Paul et Ayn Rand que Margaret Thatcher, Ronald Reagan et Billy Graham. Un oiseau rare comme moi comprend toutefois que peu de gens soient vraiment à droite au Québec aujourd’hui après plus de 45 ans de gouvernance à gauche, la plupart campant plus près du centre. Sont-ce des persona non grata pour autant? Non, puisqu’ils sont autant les bienvenus au PCQ que moi en vertu de la Big Tent Politics caractéristique des parlements britanniques élus au mode uninominal à un tour.

Malheureusement, certains ne pensent pas big tent. Voici la réponse sans équivoque d’un membre du Parti conservateur du Québec, que je ne nommerai pas, qui est un libertarien intransigeant :

C’est un superbe texte qui décrit à peu près parfaitement pourquoi il me sera probablement impossible de voter PCQ le printemps prochain…

Mais qu’est-ce que ce membre reproche à M. Larocque – et par ricochet à d’autres, lassés du Parti libéral du Québec, qui le suivront? D’être un membre du Parti conservateur du Canada. D’être un conservateur moins à droite que lui. De ne pas être orthodoxe, quoi! Autrement dit, pour ce militant du Parti libertarien du Canada – pour divergences sur des enjeux de compétence FÉDÉRALE – être plus de centre droit que de droite est un péché. Péché aussi mortel que l’abomination des provincialistes dénoncés ex cathedra par Martine Ouellet, dans je ne sais plus laquelle des deux courses à la chefferie du Parti Québécois.

Et pourtant, depuis quelques années, le président et les membres de l’exécutif national du Parti conservateur du Québec, sans parler d’autres militants conservateurs comme moi, travaillent très fort pour faire connaître notre formation, et donnent aussi du temps au PCC pour faire avancer les valeurs conservatrices au Québec, et surtout rapprocher les deux partis. Certains se sont même présentés comme candidats conservateurs aux élections du 19 octobre 2015. Si tous les membres du PCQ s’identifient à son programme en santé, éducation et autres enjeux provinciaux, je reconnais qu’il y ait chez ces mêmes membres une divergence au niveau fédéral, comme par exemple sur la défense et la légalisation de la marijuana. C’est correct comme ça!

Mais pourquoi alors certains membres du PCQ critiquent-ils les nouveaux arrivants au point de menacer de ne plus voter conservateur l’an prochain, juste parce que ces nouvelles recrues ne sont pas à leur goût?

Partout au Canada, le Parti conservateur du Canada tisse des liens solides avec les partis conservateurs provinciaux. C’est même écrit dans l’article 15 de la constitution du PCC!

Comme exemple récent, Andrew Scheer s’est rendu au Stampede de Calgary en compagnie de son homologue albertain Jason Kenney, qui cherche à réunir la droite présentement divisée entre le Parti progressiste-conservateur de l’Alberta et le Wildrose. Fait intéressant, les membres des deux partis voteront sur la proposition de fusion du 20 au 22 juillet prochains.

Pourquoi serait-ce différent au Québec? Le Parti conservateur du Québec a-t-il les moyens de se passer de membres et d’organisateurs du Parti conservateur du Canada simplement parce qu’ils sont moins à droite que son chef Adrien Pouliot? Bien entendu que non! Plus que jamais, il faut agir, afin de donner à ce parti tout neuf le même réseautage, la même visibilité et les mêmes ressources que les autres partis conservateurs ailleurs au Canada.

Sinon, comment expliquer la joie soudaine d’un « vieux de la vieille » de l’époque de Brian Mulroney de voir les Conservateurs du Québec acquérir suffisamment de maturité pour qu’il laisse tomber pour eux les Libéraux de Philippe Couillard? Et surtout, comment expliquer que Maxime Bernier, député fédéral de Beauce, ne soit plus le seul à appuyer ouvertement la formation québécoise?

En effet, 5 candidats à la chefferie conservatrice fédérale se sont engagés à appuyer le PCQ : l’heureux élu Andrew Scheer, Maxime Bernier, Kellie Leitch, Rick Peterson et Chris Alexander.

Cinq, pas juste un. Et n’oubliez pas qu’ensemble, MM. Scheer et Bernier ont rallié 6 députés du Québec : Alupa Clarke, Jacques Gourde, Sylvie Boucher, Pierre Paul-Hus, Luc Berthold et Alain Rayes. 6 sur les 12. Ne devrait-on pas se réjouir de ce pas de géant franchi par mon parti, qui attire maintenant des sympathisants jusque-là inaccessibles et pourrait compter sur des militants expérimentés dès la prochaine élection provinciale?

C’est pour cela que je suis estomaquée – et surtout déçue! – de voir, en 2017, que pour certains l’orthodoxie de la droite passe avant la Big Tent, et qu’il s’en trouve à préférer un parti moins gros mais qui défende 100% de leurs principes à eux. Désolée, les libertariens, vous avez sûrement tous eu la même réaction en lisant la déclaration de Benoît Larocque sur Facebook, mais votre attitude intransigeante n’a plus sa place au sein du Parti conservateur du Québec! En rejetant de façon aussi arbitraire des futurs électeurs, des organisateurs expérimentés, et pourquoi pas des candidats solides, vous ne faites que maintenir le parti dans la MARGINALITÉ!

En politique, on ne divise pas, mais on additionne. Être sélectif n’apporte ni d’argent neuf ni de propositions en conseil général. Et malheureusement pour vous, rester marginal en défendant la pureté de la droite et en rejetant le petit nouveau plus près du centre n’est pas viable dans un parlement élu sous le mode uninominal à un tour… parce qu’il ira ailleurs! Vous devrez donc un jour reconnaître qu’il existe plusieurs variantes de la droite au Québec et qu’ils doivent tous voter du même bord si vous voulez un gouvernement conservateur capable de sortir le Québec du marasme dans lequel il est plongé depuis bientôt 50 ans. Rappelez-vous ce qui a fait élire Stephen Harper en 2006 : il a réussi à fusionner l’Alliance canadienne et les Progressistes-conservateurs – c’est-à-dire tout le spectre de droite – pour former un seul parti.

…mais vous allez me dire qu’un libéral de gauche n’a pas sa place au PCQ? Soit, soit! C’est sûr qu’il ne serait pas d’accord avec un programme qui lui enlèverait ses crédits d’impôt. Mais un conservateur fédéral de longue date qui a milité pour Brian Mulroney doit-il être exclu d’emblée sans autre forme de procès? Là, c’est exagéré.

Ce n’est donc plus le moment de se quereller parce que l’un est moins casher que l’autre, ou que la voisine n’appuie que 74% des idées du parti versus votre score de 97% obtenu sur la Boussole électorale de Radio-Canada, car les élections sont dans un an seulement. Si un an est une éternité au point de vue politique, sur le plan électoral, en revanche, c’est court en saperlipopette! Le Parti conservateur du Québec a donc, dans les circonstances, autant besoin d’une Martine Ouellet de droite que d’une balle entre les deux yeux.

Merci, donc, d’avoir plus de respect envers M. Larocque et les autres qui vont le suivre.

Andrew Scheer un Backstabber? Pas si vite!!

Depuis quelques jours, je vois Ezra Levant, un chroniqueur de droite que j’adore, tomber à bras raccourci sur le chef conservateur Andrew Scheer. Un rare qui, tout Juif qu’il est, ait le courage de défendre les chrétiens tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, et qui n’a pas peur de critiquer nos élus, même conservateurs lorsque c’est le temps, il occupe une place à part dans mon fil Twitter et mon Roku. Par contre, je ne comprends pas que le Rebel Commander accuse M. Scheer d’être un traitre, un backstabber, un hypocrite, simplement parce que son parti a voté pour une motion d’appui à l’Accord de Paris.

Photo: The Rebel, 8 juin 2017 (sur Twitter)

Parce que j’ai travaillé dans l’équipe de Maxime Bernier, je réitère que mon désir était d’avoir un chef de l’opposition officielle qui a des idées arrêtées qui ne plaisent pas forcément à tous et qui fait preuve de détermination pour les défendre s’il y croit, et certes pas quelqu’un qui cherche trop le compromis, et c’est malheureusement la raison pour laquelle j’ai été près de ne jamais marquer Andrew Scheer sur mon bulletin de vote. Mais je me suis ralliée à M. Scheer, par contre je ne lui ai pas donné le Bon Dieu sans confession, j’attends de lui qu’il soit ferme, qu’il fasse preuve de leadership dans tous les enjeux qui font vibrer les Canadiens. Je suis la première à me demander pourquoi on impose la ligne de parti pour appuyer l’accord de Paris en fin de session parlementaire, alors que des 14 candidats à la chefferie conservatrice, seul Michael Chong appuyait ouvertement une taxe du carbone. Mais de là à accuser toute la députation conservatrice de trahison et de nous avoir laissé tomber à cause d’une motion, même pour moi il y a une marge!

D’accord, cet accord de Paris, avec tout ce que ç’a entraîné de conversion verte chez plusieurs de nos politiciens et de lois totalement ridicules, je le déteste au même titre que les précédents, dont celui de Kyoto… que le Canada ne respecte même pas! Ensuite, le président des États-Unis Donald Trump a eu le courage d’en retirer son pays, alors pourquoi les Conservateurs du Canada ne font-ils pas un filibuster pour forcer le gouvernement à renier sa signature à son tour?

Si cela me met en colère tant d’Andrew Scheer que des députés qui ont voté dans le même sens, d’autre part, entre nous… franchement, qu’ossa donne???

Tout d’abord, l’accord de Paris en lui-même n’est pas contraignant de toute manière. Ensuite, Justin Trudeau n’était pas à la Chambre des communes (en fait, c’est quand, la dernière fois qu’il y a mis le nez?), il était plutôt à Montréal avec l’ex-président Barak Obama. Enfin, de grâce on se calme! Respirez par le nez, c’est juste une motion, pardi! Elle n’a aucune force de loi. Pire que ça : le but de cette motion était de narguer le président Trump et sa décision de se retirer de cet accord. Simplement.

Je crains qu’Ezra Levant ait extrapolé et accuse quiconque appuie cette motion d’être en faveur d’une taxe fédérale sur le carbone. Était-ce bien le cas? Aucunement, alors inutile de s’énerver. Et de toute manière, Andrew Scheer n’a-t-il pas promis, dans sa campagne à la chefferie, qu’il abolirait cette taxe? En quoi une motion le ferait-il changer d’avis?

Ce que je crois personnellement, c’est qu’en forçant la ligne de parti, Andrew Scheer a refusé de jouer la game de Trudeau, qui se cherche des arguments pour réaffirmer ses volontés don quichottiennes de lutter contre la nature, et cela sur le dos des Conservateurs.

Les insultes comme par exemple « Les Conservateurs sont de méchants pollueurs, des empêcheurs de danser en rond, ils cherchent à bloquer la mise en place de l’accord historique que j’ai signé à Paris! », je les voyais venir gros comme le bras. Si Andrew Scheer est assez intelligent, il les a vues venir aussi.

Ce serait faire carrément de la petite politique sur un non-enjeu et mettre les Conservateurs dans une position très inconfortable, surtout au Québec et en Ontario (là où l’environnement prend tellement de place que c’en est devenu une religion), à deux ans des prochaines élections.

En ce sens, je ne peux pas blâmer Andrew Scheer. Eh oui, moi, la fille de Québec qui a littéralement désavoué son député dans son choix de candidat et qui trouve M. Scheer trop timide, trop beige, trop obsédé par le compromis, je crois qu’il a bien fait. C’est pourquoi je lui donne, pour cette fois-ci, le bénéfice du doute. Mais attention! Il devra faire preuve de plus de leadership que ça à l’avenir!

Cela dit, je ne veux rien savoir de la taxe du carbone, ni de l’Accord de Paris!