Le Parti conservateur du Québec a ses Martine Ouellet…

Aujourd’hui, une question sans réponse me turlupine, me tarabiscote, me fiche de l’urticaire :

Pourquoi les militants d’un parti politique ont la mausus d’habitude d’écœurer les nouveaux membres issus d’un milieu autre que le leur au lieu de leur souhaiter la bienvenue?

Encore une fois c’est arrivé hier soir. Sur Facebook, j’ai lu la déclaration de Benoît Larocque, militant de longue date du Parti conservateur du Canada, qui invite ses amis à faire comme lui et à prendre leur carte du Parti conservateur du QUÉBEC, et qui se réjouit du retour des conservateurs au Québec. M. Larocque a travaillé dans l’équipe de campagne de Kellie Leitch lors de la dernière course à la chefferie conservatrice, certes pas la moindre de tous les candidats. Il défend les valeurs conservatrices au Canada, et ce n’est pas d’hier qu’il souhaitait qu’un parti conservateur (re)voie le jour au Québec. Or, ça s’est réalisé.

Voici donc sa déclaration intégrale, copiée-collée de Facebook :

Chers amis conservateurs,

L’an prochain, nous serons en élection provinciale.  Depuis que je milite au Parti conservateur du Canada (PCC), j’ai toujours rêvé d’avoir un Parti conservateur du Québec (PCQ).  Tanné d’aider les libéraux du Québec qui aident en retour les libéraux du Canada…

Dans le temps de Brian Mulroney, ce n’était pas le temps de créer un parti conservateur provincial à cause d’une entente entre lui, le PQ et le PLQ.  Dans le temps de Jean Charest non plus, puisqu’il est devenu chef du PLQ.  Avec Stephen Harper, on a eu un rapprochement avec l’ADQ, mais aujourd’hui, il y a un Parti conservateur du Québec qui existe et qui tisse des liens avec le PCC.

Bien sûr, aujourd’hui, beaucoup militants PCC sont avec une autre formation au provincial, c’est normal, il n’y avait pas d’autres alternatives.  Aujourd’hui, tout comme en Ontario et bien d’autres provinces, il y a un Parti conservateur du Québec et nous devons l’appuyer, tout comme les ‘conservateurs de l’Ontario’ appuient le parti conservateur provincial et fédéral.

Certains vont dire que le PCQ est marginal et trop à droite pour eux, c’était vrai il y a deux ans.  Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je suis plutôt au centre de notre parti, ayant évolué avec les « progressistes-conservateurs » et les « conservateurs » et les propositions que j’ai entendues au PCQ du mois d’avril 2017 tiennent maintenant la route.  Plus il y aura de PCC qui deviendrons membres du PCQ, plus le PCQ nous ressemblera et aura de chances d’emporter des sièges à l’Assemblée nationale. 

Au printemps 2017, le PCQ a fait preuve d’une très grande sagesse et d’une très grande ouverture au PCC, d’ailleurs, voici ce qu’on dit certain candidats au leadership de notre parti (source www.pcquebec.ca, section Notre Parti, section Appui candidats PCC 2017)

Maxime Bernier : … concrètement qu’en tant que chef du PCC, j’appuierai publiquement le PCQ et l’inviterai le PCQ à élaborer, avec nous, une stratégie visant à faire avancer les valeurs conservatrices du Québec.

Kellie Leitch : …Aux Québec, nous verrons de quelle façon nous pouvons « établir et maintenir » des relations avec le PCQ, tel que prévu à la constitution, de façon à être bénéfique pour les deux partis

Rick Peterson : … je supporterai les principes et objectifs électoraux du Parti conservateur du Québec… je travaillerai en étroite collaboration pour faire avancer nos intérêts communs dans le domaine du financement, du membership ainsi que de l’avancement de politiques communes pour le développement de nos organisations respectives.

Andrew Scheer : … Comme le stipule notre Constitution, comme chef, je vais établir et maintenir des liens avec le Parti conservateur du Québec.  Dans des mots plus clairs, je serai votre allié dans la promotion des valeurs conservatrice du Québec.  … Il est grand temps que les conservateurs soient représentés de nouveau à l’Assemblée nationale du Québec…  Je vous invite à partager cette lettre avec l’ensemble de vos membres, car il est très important pour moi que les forces conservatrices au Québec travaillent ensemble dans la même direction.

J’entends quelques personnes me dire que le PCQ n’est pas ‘parfait’, c’est vrai, mais à mon sens, c’est clairement mieux que les autres… enfin une vraie voie conservatrice.  J’invite donc tous les membres PCC à joindre le PCQ dès maintenant et en faire un parti à notre image !

Ma réaction en un mot : ALLÉLUÏA!!! Enfin, des conservateurs fédéraux de longue date s’intéressent à nous, c’est génial! Signe d’une maturation de notre parti provincial que de voir des gens des diverses déclinaisons de la droite québécoise se joindre au seul parti provincial qu’Adrien Pouliot lui-même qualifie d’à droite du centre.

Personnellement, je suis libertarienne sur le plan fiscal, législatif et politique – je veux une réduction de la taille de l’État, une baisse des impôts, l’arrêt des subventions aux entreprises, de même que la remise en question de plusieurs programmes et crédits d’impôts. Mais comme chrétienne, je me réclame également de la droite traditionnelle que certains libertariens n’aiment pas, je suis donc une bleue hors-normes qui aime autant Ron Paul et Ayn Rand que Margaret Thatcher, Ronald Reagan et Billy Graham. Un oiseau rare comme moi comprend toutefois que peu de gens soient vraiment à droite au Québec aujourd’hui après plus de 45 ans de gouvernance à gauche, la plupart campant plus près du centre. Sont-ce des persona non grata pour autant? Non, puisqu’ils sont autant les bienvenus au PCQ que moi en vertu de la Big Tent Politics caractéristique des parlements britanniques élus au mode uninominal à un tour.

Malheureusement, certains ne pensent pas big tent. Voici la réponse sans équivoque d’un membre du Parti conservateur du Québec, que je ne nommerai pas, qui est un libertarien intransigeant :

C’est un superbe texte qui décrit à peu près parfaitement pourquoi il me sera probablement impossible de voter PCQ le printemps prochain…

Mais qu’est-ce que ce membre reproche à M. Larocque – et par ricochet à d’autres, lassés du Parti libéral du Québec, qui le suivront? D’être un membre du Parti conservateur du Canada. D’être un conservateur moins à droite que lui. De ne pas être orthodoxe, quoi! Autrement dit, pour ce militant du Parti libertarien du Canada – pour divergences sur des enjeux de compétence FÉDÉRALE – être plus de centre droit que de droite est un péché. Péché aussi mortel que l’abomination des provincialistes dénoncés ex cathedra par Martine Ouellet, dans je ne sais plus laquelle des deux courses à la chefferie du Parti Québécois.

Et pourtant, depuis quelques années, le président et les membres de l’exécutif national du Parti conservateur du Québec, sans parler d’autres militants conservateurs comme moi, travaillent très fort pour faire connaître notre formation, et donnent aussi du temps au PCC pour faire avancer les valeurs conservatrices au Québec, et surtout rapprocher les deux partis. Certains se sont même présentés comme candidats conservateurs aux élections du 19 octobre 2015. Si tous les membres du PCQ s’identifient à son programme en santé, éducation et autres enjeux provinciaux, je reconnais qu’il y ait chez ces mêmes membres une divergence au niveau fédéral, comme par exemple sur la défense et la légalisation de la marijuana. C’est correct comme ça!

Mais pourquoi alors certains membres du PCQ critiquent-ils les nouveaux arrivants au point de menacer de ne plus voter conservateur l’an prochain, juste parce que ces nouvelles recrues ne sont pas à leur goût?

Partout au Canada, le Parti conservateur du Canada tisse des liens solides avec les partis conservateurs provinciaux. C’est même écrit dans l’article 15 de la constitution du PCC!

Comme exemple récent, Andrew Scheer s’est rendu au Stampede de Calgary en compagnie de son homologue albertain Jason Kenney, qui cherche à réunir la droite présentement divisée entre le Parti progressiste-conservateur de l’Alberta et le Wildrose. Fait intéressant, les membres des deux partis voteront sur la proposition de fusion du 20 au 22 juillet prochains.

Pourquoi serait-ce différent au Québec? Le Parti conservateur du Québec a-t-il les moyens de se passer de membres et d’organisateurs du Parti conservateur du Canada simplement parce qu’ils sont moins à droite que son chef Adrien Pouliot? Bien entendu que non! Plus que jamais, il faut agir, afin de donner à ce parti tout neuf le même réseautage, la même visibilité et les mêmes ressources que les autres partis conservateurs ailleurs au Canada.

Sinon, comment expliquer la joie soudaine d’un « vieux de la vieille » de l’époque de Brian Mulroney de voir les Conservateurs du Québec acquérir suffisamment de maturité pour qu’il laisse tomber pour eux les Libéraux de Philippe Couillard? Et surtout, comment expliquer que Maxime Bernier, député fédéral de Beauce, ne soit plus le seul à appuyer ouvertement la formation québécoise?

En effet, 5 candidats à la chefferie conservatrice fédérale se sont engagés à appuyer le PCQ : l’heureux élu Andrew Scheer, Maxime Bernier, Kellie Leitch, Rick Peterson et Chris Alexander.

Cinq, pas juste un. Et n’oubliez pas qu’ensemble, MM. Scheer et Bernier ont rallié 6 députés du Québec : Alupa Clarke, Jacques Gourde, Sylvie Boucher, Pierre Paul-Hus, Luc Berthold et Alain Rayes. 6 sur les 12. Ne devrait-on pas se réjouir de ce pas de géant franchi par mon parti, qui attire maintenant des sympathisants jusque-là inaccessibles et pourrait compter sur des militants expérimentés dès la prochaine élection provinciale?

C’est pour cela que je suis estomaquée – et surtout déçue! – de voir, en 2017, que pour certains l’orthodoxie de la droite passe avant la Big Tent, et qu’il s’en trouve à préférer un parti moins gros mais qui défende 100% de leurs principes à eux. Désolée, les libertariens, vous avez sûrement tous eu la même réaction en lisant la déclaration de Benoît Larocque sur Facebook, mais votre attitude intransigeante n’a plus sa place au sein du Parti conservateur du Québec! En rejetant de façon aussi arbitraire des futurs électeurs, des organisateurs expérimentés, et pourquoi pas des candidats solides, vous ne faites que maintenir le parti dans la MARGINALITÉ!

En politique, on ne divise pas, mais on additionne. Être sélectif n’apporte ni d’argent neuf ni de propositions en conseil général. Et malheureusement pour vous, rester marginal en défendant la pureté de la droite et en rejetant le petit nouveau plus près du centre n’est pas viable dans un parlement élu sous le mode uninominal à un tour… parce qu’il ira ailleurs! Vous devrez donc un jour reconnaître qu’il existe plusieurs variantes de la droite au Québec et qu’ils doivent tous voter du même bord si vous voulez un gouvernement conservateur capable de sortir le Québec du marasme dans lequel il est plongé depuis bientôt 50 ans. Rappelez-vous ce qui a fait élire Stephen Harper en 2006 : il a réussi à fusionner l’Alliance canadienne et les Progressistes-conservateurs – c’est-à-dire tout le spectre de droite – pour former un seul parti.

…mais vous allez me dire qu’un libéral de gauche n’a pas sa place au PCQ? Soit, soit! C’est sûr qu’il ne serait pas d’accord avec un programme qui lui enlèverait ses crédits d’impôt. Mais un conservateur fédéral de longue date qui a milité pour Brian Mulroney doit-il être exclu d’emblée sans autre forme de procès? Là, c’est exagéré.

Ce n’est donc plus le moment de se quereller parce que l’un est moins casher que l’autre, ou que la voisine n’appuie que 74% des idées du parti versus votre score de 97% obtenu sur la Boussole électorale de Radio-Canada, car les élections sont dans un an seulement. Si un an est une éternité au point de vue politique, sur le plan électoral, en revanche, c’est court en saperlipopette! Le Parti conservateur du Québec a donc, dans les circonstances, autant besoin d’une Martine Ouellet de droite que d’une balle entre les deux yeux.

Merci, donc, d’avoir plus de respect envers M. Larocque et les autres qui vont le suivre.

2 réflexions au sujet de “Le Parti conservateur du Québec a ses Martine Ouellet…

  1. Ben d’ accord avec toi Anne.
     » on a un char à s’acheter. On doit simplement s’assurer que tout le monde veut la même marque.
    Quand il restera juste à choisir la couleur des bancs, on pourra toujours en jaser.  »

    Le plus grand défi présentement, c’est de convaincre les médias de prôner les choix de société, inclus dans le programe du parti, plutôt que les choix des lobbies et groupes de pression divers.
    Bref, de commencer à parler du parti.
    Ça, pour le PCQ , à mon humble avis, ça devrait être une priorité!

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