Mutations majeures à venir dans le paysage politique québécois? La suite!

Dans un billet écrit au lendemain de la démission de Pierre Karl Péladeau du Parti québécois, j’osais faire la prédiction que je résume ici:

  • Option souverainiste en phase out
  • Parti Québécois en fin de vie
  • Rupture de la coalition fédéraliste et fin du monopole du pouvoir du Parti libéral du Québec avec perte de membres au profit d’autres partis fédéralistes
  • Retour progressif au débat gauche-droite et à un trio parlementaire plus traditionnel composé du Parti libéral, du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique du Québec issu d’une fusion des forces de gauche, dont Québec Solidaire.

Voilà qu’hier, c’est au tour du bras droit de M. Péladeau, Bernard Drainville, de quitter la vie politique. Le numéro 2 qui suit le numéro 1, certains parlent déjà que le futur chef du PQ hériterait d’un parti en perdition, qui se vide de ses piliers…

Des experts vont dans le même sens:

Exception historique

M. Drainville a aussi été nommé leader parlementaire du Parti québécois par PKP. Craignait-il de perdre ce poste avec l’élection d’un nouveau chef à l’automne? «Je n’en ai aucune idée. Ce n’est pas ça qui a joué», a-t-il assuré.

Mais pour le politologue Eric Montigny de l’Université Laval, la démission de M. Drainville est un fait «exceptionnel sur le plan historique». «C’est assez rare qu’en l’espace de quelques mois, le numéro un et le numéro deux d’un parti démissionnent à mi-mandat», explique-t-il. Selon lui, il s’agit d’un symptôme du déclin de la dualité partisane basée sur le «oui» et le «non» à l’indépendance, qui rend le système plus imprévisible.

Le départ de celui qui a lui-même durement critiqué les députés démissionnaires s’inscrit aussi dans une tendance «préoccupante», explique de son côté Frédéric Bastien, professeur à l’Université de Montréal. «Des élus qui démissionnent à mi-mandat, on en voit en très grand nombre, de tous les partis confondus. Cela nous dit quelque chose sur le faible attachement que certains élus ont pour le rôle de ‘’simple’’ député», ajoute-t-il.

Source: Journal de Québec, 15 juin 2016

Selon Éric Montigny (Université Laval), le départ de Bernard Drainville serait le «symptôme du déclin de la dualité partisane basée sur le 'oui' et le 'non' à l'indépendance» (Journal de Québec, 15 juin 2016)
Selon Éric Montigny (Université Laval), le départ de Bernard Drainville serait le «symptôme du déclin de la dualité partisane basée sur le ‘oui’ et le ‘non’ à l’indépendance» (Journal de Québec, 15 juin 2016)

Et à peu près en même temps, des militants du Parti conservateur du Canada commencent à participer aux activités de son petit frère provincial (le 8 juin dernier, nous tenions un cocktail de financement au Cercle de la garnison, j’y étais et j’ai pu les rencontrer!!). Enfin! me direz-vous.

Et plus que ça: Thomas Mulcair a commencé à réagir à des événements concernant le Québec – voir sa réaction sur la non-sélection de Québec pour la prochaine expansion de la LNH. Tiens, tiens!

La Ligue nationale de hockey (LNH) «se tire dans le pied» en choisissant Las Vegas pour une équipe d’expansion plutôt que Québec, affirme Thomas Mulcair. (Journal de Québec, 15 juin 2016)
La Ligue nationale de hockey (LNH) «se tire dans le pied» en choisissant Las Vegas pour une équipe d’expansion plutôt que Québec, affirme Thomas Mulcair. (Journal de Québec, 15 juin 2016)

Se pourrait-il donc que les événements se bousculent et me donnent raison?

Si oui, j’invite les gens qui sont ouverts aux idées conservatrices à renoncer à voter stratégique et à consulter la plate-forme du Parti conservateur du Québec. Car l’histoire nous démontre que ce n’est pas dans le PLQ que les gens à droite parviendront à faire avancer leurs idées.

J’invite les gens qui sont vraiment à droite à quitter le PLQ et à se joindre au parti d’Adrien Pouliot dès aujourd’hui, afin de nous aider à faire élire des députés le 1er octobre 2018, et cela afin de faciliter, voire forcer le retour au débat gauche-droite.

J’invite les syndicats à réfléchir à ce qu’ils doivent défendre: la souveraineté du Québec ou un programme de gauche comme le proposent Québec Solidaire et le NPD du Canada.

J’invite les membres du Parti libéral du Québec à revoir leurs positions, quitte à devoir changer de parti. Tant que vous restez ensemble pour la seule raison qu’il faut éviter un référendum à tout prix, vous êtes au PLQ pour les mauvaises raisons.

Et surtout, j’invite tous les Québécois à s’intéresser davantage aux politiques publiques et à lire les plates-formes des différents partis dûment enregistrés au DGEQ. Je vous invite, en effet, vous mes lecteurs majeurs et vaccinés, à magasiner les partis et à soutenir par votre vote et vos dons celui qui correspond le mieux à VOS valeurs, à VOS principes et à VOS souhaits pour notre société, et non celui qui est le plus apte à bloquer le PQ. Sinon, on tourne en rond et on n’avance pas.

Mais quel est le risque?

Je sais, vous allez me ressortir l’épouvantail référendaire. Voulez-vous répéter le vote du 7 avril 2014 avec tout ce que ça donne depuis deux ans?  Si vous croyez qu’un vote conservateur sera un vote perdu, peut-être qu’au contraire les quelques députés qui auront le bonheur de siéger dès l’automne 2018 auront la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire, ou suffisamment de joueurs pour former un groupe d’opposition, ce n’est pas banal!

C’est pourquoi je vous dis: ignorez les épouvantails et évaluez le risque associé à un éventuel vote selon vos convictions.

Quel est le risque à élire un gouvernement libéral minoritaire dirigé par Philippe Couillard? Retour aux urnes rapides si les scandales continuent de se multiplier et que le Parti conservateur du Québec a au minimum la balance du pouvoir.

Quel est le risque à élire un gouvernement péquiste minoritaire dirigé par l’un ou l’autre des candidats à la chefferie? Retour aux urnes dans environ 2 ans.

Quel est le risque à élire un gouvernement caquiste minoritaire dirigé par François Legault? Retour aux urnes dans environ 2 ans.

Quel est le risque à élire un gouvernement conservateur minoritaire dirigé par Adrien Pouliot? Beaucoup de négociation avec l’opposition, mais probablement des projets de loi adoptés pour réformer la santé, l’éducation et autres. Mais là aussi, un gouvernement minoritaire dure environ 2 ans, donc retour aux urnes avant la fin de la période fixe votée en 2013.

Quel est le risque à élire un gouvernement caquiste majoritaire dirigé par François Legault? Un gouvernement dont nous ne pouvons pas prédire l’orientation pour les 4 prochaines années. Gauche? Centre? Droite? Je n’en sais rien…

Quel est le risque à élire un gouvernement péquiste majoritaire dirigé par Alexandre Cloutier? Un référendum, pas forcément en début de mandat. La solution: voter NON. S’ensuivra un gouvernement de gauche pour les 4 prochaines années.

Quel est le risque à élire un gouvernement péquiste majoritaire dirigé par Martine Ouellet? Un référendum rapide. La solution: voter NON. S’ensuivra un gouvernement plus à gauche que tous les gouvernements des 45 dernières années réunis, pour 4 ans.

Quel est le risque à élire un gouvernement péquiste majoritaire dirigé par Jean-François Lisée? Pas de référendum, mais un autre gouvernement de gauche. Selon M. Lisée, ce sera un «osti de bon gouvernement», mais bon! il faudra le voir pour le croire 😉

Quel est le risque à réélire un gouvernement libéral majoritaire dirigé par Philippe Couillard? 4 autres années de gouvernement de gauche à la sauce libérale: subventions, scandales, hausses de taxes, nouvelles mesures vertes sans aucune garantie de résultats probants sur le terrain, lois interdisant les nouveaux modèles d’affaires, et quoi encore! C’est sûr qu’avec Adrien Pouliot et quelques autres députés conservateurs qui siégeront à l’Assemblée nationale, il est possible de contenir les ardeurs du gouvernement à un certain degré, mais avec une majorité ils auront encore le beau jeu…

Et pour finir, quel est le risque à OSER élire un gouvernement conservateur majoritaire dirigé par Adrien Pouliot? Un gouvernement de droite pour les 4 prochaines années, une première en plus de 50 ans.

Alors, à vous de choisir!

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