Se tenir debout contre une énième hausse de taxes

Aujourd’hui, les conseillers Jean-François Gosselin et Stevens Mélançon ont voté contre le budget 2018 de la ville de Québec, après l’avoir étudié, questionné et évalué en plénières. Idem le PTI (plan triennal d’immobilisation, si je ne m’abuse? Corrigez-moi si je me suis trompée).

Deux conseillers sur les 21, seulement deux. Mais il suffit d’un seul pour casser l’unanimité. On m’a dit que les révolutions et grands changements débutent sur le coin d’une table (désolée, je n’ai ni la citation exacte ni son auteur, mais c’est à peu près ça…), en 2017 il y a deux dissidents, deux rebelles à l’hôtel de ville de Québec, qui ont tenu tête à Régis Labeaume, ce n’est pas rien! Tenir tête à cet homme pour la première fois en 10 ans? Peut-être exagéré, mais je considère que ce petit pas ne fera que des petits.

J’ai aidé, à ma manière et à la hauteur de mes forces et surtout mes disponibilités, c’est peut-être une bien grand mot, mais bon, à mettre au monde Québec 21, et à mener ses deux premiers élus à l’hôtel de ville. C’est en quelque sorte le bébé de crinqués de la politique, mais le bébé va grandir. Il vient de faire ses premiers pas. Envers et contre tous.

Les détracteurs auront beau dire que les deux conseillers de l’opposition officielle se sont opposés pour s’opposer. Faux! Les motifs invoqués sont nombreux, notamment:

  • l’explosion des coûts de la centrale de police
  • les salaires élevés de la direction
  • les subventions aux théâtres Diamant et Capitole
  • le déneigement
  • les «contradictions» du RTC
  • la fermeture de la bibliothèque Gabrielle-Roy pendant 2 ans
  • le déménagement du marché du Vieux-Port à ExpoCité
  • moins d’argent mis sur le remboursement la dette de la ville (quelle horreur!)
  • et quoi d’autre encore?

Mais surtout, c’est la nouvelle hausse de taxes — encore une! — pour les commerçants déjà pas mal taxés, parce qu’eux n’auront pas droit au gel promis dans ce même budget du côté résidentiel.

« Ils (les commerçants) ont été augmentés beaucoup depuis que M. Labeaume est maire ».
— Jean-François Gosselin sur le budget (21 décembre 2017)

Et 2018 ne fera pas exception. Comme si les entrepreneurs ne contribuaient pas assez…

Photo: Le Devoir, article du 12 décembre 2017.

Évidemment, rapidement les moqueries se sont multipliées sur la twittosphère et autres Facebook, comme le maire Labeaume s’est fait un malin plaisir de rire de ses adversaires en les accusant de voter contre un budget qui promet des gels de taxes… Et pourtant, il a tort de parler de gel de taxes, parce que les taxes non résidentielles sont à la hausse.

Même des amis à moi qui ont voté QC21 viennent de dumper le parti parce que MM. Gosselin et Mélançon ont eu le courage de voter contre le budget ce matin à l’hôtel de ville! C’est pas croyable… Ils disent qu’en votant contre, ils se sont discrédités. Ah! le seul fait de casser l’unanimité c’est mal? Ne serait-ce pas plutôt cette tendance à l’unanimité qui est un problème, comme on l’a trop vu à l’Assemblée nationale du Québec?

C’est grave, docteur? J’ai beaucoup de peine, je suis incapable de trouver le sommeil et je ressens une incommensurable rage au-dedans de moi ce soir. Je suis affligée qu’en 2017, on se moque des élus, tous paliers confondus, qui OSENT se tenir debout contre les hausses de taxes, quelles qu’elles soient. Vous allez me dire que même pas 2% de hausse de taxes non résidentielles, c’est rien… Mais 2% après une kyrielle de hausses sur les 10 dernières années, ça commence à faire beaucoup. André Arthur lui-même, plus tôt ce mois-ci, disait à Stéphane Gasse sur BLVD que la question à se poser est la suivante:

Combien de commerces vont fermer à Québec l’an prochain?

À deux conseillers courageux, à peine sautés sur la glace, je dis ceci: vous vous êtes tenus debout, vous avez accepté de faire face à la critique et (encore) aux moqueries du maire de notre ville, parce que le budget inclut des HAUSSES des taxes non résidentielles, encore des hausses, que des hausses, en retour de petits bonbons de même pas 20$ de moins sur le compte de taxe résidentielle. Ça ne paie même pas un café par jour si on fait les calculs de David Heurtel.

En tout cas, ce n’est pas pour flatter dans le sens du poil ni pour faire la belle, mais c’est la citoyenne de Québec qui vous parle.

Ce soir, je suis fière de vous, Jean-François et Stevens.

L’entreprise de mon mari n’a pas encore pignon sur rue et est au stade de démarrage, mais je suis profondément attristée de voir à quel point la machine a faim et qu’à force de surtaxer ça et là, même mon chéri pourrait se remettre en question.

Mais le pire dans tout ça, c’est que je suis désolée et découragée de voir si peu de colère parmi les citoyens, car on ne fait que hausser les taxes, impôts et tarifs de toutes sortes, que ce soit au fédéral, au provincial ou au municipal, mais dans la population silence radio.

Où est la révolution? Où est la hargne? Pourquoi la salle du conseil est-elle si peu remplie? Pourquoi personne ne réagit?

Lâchez pas!!

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