Puisqu’il est question, selon Karine Gagnon dans le Journal de Québec, de pensée magique… Je vais vous le dire, moi, où elle est, la pensée magique: c’est cette vraie folie d’aller de l’avant avec le tramway concocté sur une napkin à la va-vite comme sait si bien le faire l’administration Labeaume qui est la pensée magique. Et de penser que la population va vendre leurs voitures pour prendre ce mode de transport inutile qui ne règlera en rien les problèmes de congestion dans notre ville signifie carrément croire aux licornes!

Ce qui est sûr, c’est que le Tramway sera un gouffre financier, peu utilisé et viendra encombrer les automobilistes dont on aura enlevés des voies de circulation. En clair, tout le projet de tramway repose sur de la pensée magique et de la démagogie…

Image: TVA

Avant de penser à un tel projet, plusieurs de nos élus devraient refaire leurs devoirs :

1 – Une administration municipale ne peut pas transformer radicalement une ville sans avoir le mandat de le faire… et ce mandat s’obtient en consultant la population… Il y a deux moments pour consulter la population : lors d’un vote impliquant le projet, ou par voie référendaire… Il est scandaleux qu’on ne le fasse pas. 

2 – Les justifications de ce projet reposent sur peu de choses. On annonce que le transport en commun est congestionné, mais aucune preuve n’a démontré qu’on ne pouvait pas faire mieux avec le système actuel. Le RTC n’a aucunement démontré que tout ce qui pouvait être fait a été fait.

Selon des chauffeurs du RTC que connaît un bon ami bien informé de Sainte-Foy, il serait pourtant fort simple de régler la plupart des nœuds chauds du réseau, en réarrangeant certains trajets. On m’a souvent cité comme exemple les trajets des Métrobus 800 et 801, qui se superposent sur presque la moitié de leurs trajets respectifs : en déplaçant le trajet de la 801 sur celui de la 18, non seulement le quartier Saint-Roch serait mieux desservi, mais aussi tout le secteur au Nord de l’Université Laval ainsi que le boulevard des Quatre-Bourgeois à l’est de la route de l’Église.

3 – Le projet annoncé, un tramway ainsi que des «trambus», n’a pas été justifié dans son média. La ville a évacué tous les médias concurrents sans aucune justification.

Selon les documents-mêmes de la ville, un métro en haute-ville serait un bien meilleur choix que le tramway, avec un moindre impact sur le bâti et une immensément plus grande efficacité et durabilité pour un coût relativement similaire.

4 – Les tracés prévus n’ont pas été non plus adéquatement justifiés et sont, à beaucoup d’endroits, susceptibles de causer des problèmes logistiques pendant la construction et même après. Pour ne pas dire des problèmes graves d’embouteillages, par exemple aux heures de pointe de l’après-midi sur l’avenue de la Couronne qui sera réduite à une voie seulement pour sortir du centre-ville!!!

5 – Enfin, on devrait se questionner sur le faible transfert modal prévu par le projet. Pourquoi remplacer un système d’autobus sous-performant (selon les chauffeurs du RTC) par un autre moyen de transport, alors que la clientèle-cible n’augmenterait, très hypothétiquement, et ce, dans les meilleurs scénarios, que de quelques maigres pourcents ?

Pour conclure, il relève de la pensée magique que ce projet va porter ses fruits, sans démonstration de sa pertinence, sans démonstration d’un véritable gain net, sans démonstration que c’est le meilleur projet, sans démonstration que la population le désire réellement.

Il est démagogique de faire croire que ce projet est pertinent sans démonstration, qu’il y aura un gain net sans démonstration, que c’est le meilleur projet sans démonstration, que la population le désire réellement sans démonstration…

Et puisqu’il est question de démagogie, autre grain de sel pour la démagogue Gagnon :

Rémy Normand, président du RTC, a réitéré son intention de faire les acquisitions de gré-à-gré. Or, une loi réclamée par la ville de Québec, déposée par le gouvernement LEGAULT et qui doit être adoptée en vote final demain à Québec empêchera les citoyens de contester leur expropriation devant les instances juridiques.

De gré-à-gré mais sans possibilité de contestation… Suis-je la seule à ne pas avoir vu l’éminente contradiction ?

Est-ce que la ville de Québec peut arrêter de nous mentir en pleine face ? Comment peut-on négocier de gré-à-gré quand la loi va donner un pouvoir d’expropriation sans contestation?

On dirait que la CAQ a fait exprès d’ouvrir cette brèche…

Et en passant, j’allais l’oublier, le financement de ce projet n’est toujours pas réglé.


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