Tramway: l’argent d’Ottawa

On n’a pas fini d’entendre parler du tramway à Québec, nonobstant la campagne électorale de l’automne 2017 durant laquelle le maire Régis Labeaume n’a promis que des parcs et s’est moqué du projet de tramway de son adversaire de Démocratie Québec, Anne Guérette, qui y allait à visière levée. Selon des sources bien informées, la majorité des gens qui ont répondu, en porte à porte, qu’ils appuyaient toujours Régis Labeaume, étaient convaincus qu’il n’ira pas de l’avant avec quelque projet de transport lourd que ce soit faute d’avoir l’appui du monde. Au final, 14% des électeurs ont voté pour Mme Guérette, donc à peu près autant de gens en novembre dernier étaient favorables au tramway. Et avant le congé des Fêtes, surprise : projet de tramway sur la table!

Je me demande bien le pourquoi d’un tel – et soudain! – intérêt pour ce moyen de transport, qui fut mis en service à Québec à la fin du 19e siècle et qui a été retiré en 1948. Le plus ironique est que c’était par opposition au tramway que ce même Régis Labeaume s’est présenté à la mairie pour la première fois en 2007… Il est donc assez difficile à suivre, je trouve.

Outre l’ambivalence quasi bipolaire du maire de Québec depuis bientôt 11 ans sur le tramway, il ne faut pas oublier que de l’argent public est impliqué dans l’affaire. M. Labeaume, en débat des chefs, avait dit que la ville de Québec a absolument droit à sa part du programme fédéral des infrastructures et que si on ne faisait rien on n’aurait pas d’argent. La réplique de Jean-François Gosselin fut cinglante : le maire est généreux avec l’argent des autres!!

Personnellement, je suis totalement contre cette façon de gérer. Quémander à tout prix de l’argent des impôts de tous les Canadiens d’un océan à l’autre, pour moi c’est nul comme argument. Si j’étais la mairesse de Québec, je serais prête à me passer des subventions d’Ottawa si on peut fonctionner sans, le reste du Canada ayant pas mal donné en péréquation et en impôts…

Par contre, je ne suis pas idiote à temps plein, je sais que l’acquisition de nouveaux autobus et l’embauche de nouveaux chauffeurs au Réseau de transport de la Capitale coûtent très cher, c’est pourquoi je reconnais que si on a un bon plan de match, profiter d’un programme comme celui des infrastructures (fédéral) serait bien pour améliorer le service dans les quartiers périphériques comme Cap-Rouge, Val-Bélair, Lac-Saint-Charles, Beauport ou Charlesbourg. C’est pour cela que je me demande pourquoi le maire Labeaume n’a pas simplement demandé au premier ministre Justin Trudeau de l’argent pour lesdits autobus, mais qu’à la place il tient tant à tout dé-wrencher le centre-ville de Québec pour y (re)mettre des rails.

Si c’est ce que Myriam Ségal appelle le syndrome du pharaon, comme le Plan Nord pour Jean Charest et l’ambitieux Projet Saint-Laurent que François Legault voudrait léguer aux Québécois, je trouve qu’on y va un peu trop fort avec un tramway. Il y a tant d’autres jalons, moins dispendieux et moins invasifs qu’un tramway, que pourrait nous léguer notre maire comme héritage, comme par exemple : rembourser la dette de la ville, aider à former des conseils de quartier là où il n’y en a pas, régler une fois pour toutes le cas de l’église Saint-Cœur-de-Marie, changer la réglementation municipale pour rendre les rues touristiques plus festives, baisser les taxes commerciales, modifier les cheminées de l’incinérateur pour qu’il cesse de cracher de l’arsenic dès qu’on y brûle du bois traité, enlever les parcomètres sur la rue Maguire, etc.

Si c’est le gouvernement du Québec qui insiste pour recourir à ce mode de transport, quelle qu’en soit la raison, alors que la voiture autonome pourrait très bien être dans le paysage à peu près au même moment que le tramway sera en service, le problème est clairement un manque de vision du côté de nos élus provinciaux. La solution est simple: les élections approchent, c’est le 1er octobre 2018.

Si par contre c’est Justin Trudeau qui a rendu le programme des infrastructures trop restrictif, faisant en sorte que l’achat d’autobus et le salaire de nouveaux chauffeurs ne s’y qualifient pas, alors là, le problème est à Ottawa! Il faudra donc écrire aux députés conservateurs de Québec et Chaudière-Appalaches pour qu’ils fassent quelque chose.

Je serai candidate

Je suis loin d’avoir un CV de grande administratrice publique formée à l’ENAP ou en Europe, je ne dirige pas une grande entreprise, je ne suis pas une spécialiste en quoi que ce soit. Je ne suis qu’une diplômée universitaire avec un emploi de fonctionnaire très ordinaire. Je ne suis qu’une citoyenne ordinaire qui n’offre comme contribution à la société que la moitié de son salaire. Si au moins j’avais des services pour cet argent…

Quand mon fils est malade, je dois prendre une journée de congé. La garderie à 5$ ? Qui en profitera ? L’école ? Tout n’est que vœux pieux. L’avenir de mon fils m’inquiète. Pas seulement parce que la dette du Québec est énorme, et que le Québec dépend de la péréquation à 100% aujourd’hui, mais bien parce que je me demande s’il pourra obtenir un emploi convenable dans un domaine qu’il aime, et surtout s’il sera parfaitement bilingue et suffisamment qualifié pour sortir du Québec s’il doit absolument le faire. Et je ne parle même pas de ma propre vieillesse.

Les politiciens ne nous écoutent plus, ils ne travaillent plus que pour se faire réélire. Les besoins de l’ensemble de la population ne les intéressent plus, tout ce qu’ils recherchent, c’est le groupe de pression, l’OBNL ou les entrepreneurs qui leur apporteront le plus de votes. Ils ne me parlent plus que des droits religieux de moins de 5% de la population. Jamais d’éducation, de santé ou de finances publiques.

Et pourtant, un gouvernement provincial a pour mandat d’offrir des services en éducation, santé, transport routier et environnement à l’ensemble de sa population. Un gouvernement doit nous tourner vers l’avenir alors que nos élus actuels nous gardent dans un monde gelé aux années 1980 par crainte des syndicats, des groupes de pressions sociaux, environnementaux ou religieux, ou pire encore, d’un référendum. Utiliser les lois spéciales comme moyen de négociation de conventions collectives dans le secteur public doit également cesser.

Un gouvernement doit gérer pour tous les résidents du Québec sans égard à la langue, ni à la religion, ni au statut social des Québécois.

C’est pourquoi je me présenterai pour le Parti conservateur du Québec dans Jean-Lesage cet automne.

Carte du Directeur général des élections du Québec.

La droite versus la gauche – épisode 20481

Je ne sais pas d’où vient ce texte, mais je suis tombée dessus par hasard. Chose certaine, ce n’est pas de moi!

Test Droite vs Gauche

Quand un mec de droite n’aime pas les armes, il n’en achète pas.
Quand un mec de gauche n’aime pas les armes, il veut les faire interdire.

Quand un mec de droite est végétarien, il ne mange pas de viande.
Quand un mec de gauche est végétarien, il veut faire campagne contre les produits à base de protéines animales.

Quand un mec de droite est homo, il vit sa vie tranquillement.
Quand un mec de gauche est homo, il fait chier tout le monde pour qu’on le respecte.

Quand un mec de droite a loupé un job, il réfléchit au moyen de sortir de cette situation et rebondir.
Quand un mec de gauche a loupé un job, il porte plainte pour discrimination.

Quand un mec de droite n’aime pas un débat télévisé, il éteint la télé ou zappe.
Quand un mec de gauche n’aime pas un débat télévisé, il veut poursuivre en justice les cons qui disent des conneries. Le cas échéant, une petite plainte pour diffamation sera bienvenue.

Quand un mec de droite est non-croyant, il ne va pas à l’église, ni à la synagogue ou ni à la mosquée.
Quand un mec de gauche est non-croyant, il veut qu’aucune allusion à Dieu ou à une religion ne soit faite dans la sphère publique, sauf pour l’Islam.

Se tenir debout contre une énième hausse de taxes

Aujourd’hui, les conseillers Jean-François Gosselin et Stevens Mélançon ont voté contre le budget 2018 de la ville de Québec, après l’avoir étudié, questionné et évalué en plénières. Idem le PTI (plan triennal d’immobilisation, si je ne m’abuse? Corrigez-moi si je me suis trompée).

Deux conseillers sur les 21, seulement deux. Mais il suffit d’un seul pour casser l’unanimité. On m’a dit que les révolutions et grands changements débutent sur le coin d’une table (désolée, je n’ai ni la citation exacte ni son auteur, mais c’est à peu près ça…), en 2017 il y a deux dissidents, deux rebelles à l’hôtel de ville de Québec, qui ont tenu tête à Régis Labeaume, ce n’est pas rien! Tenir tête à cet homme pour la première fois en 10 ans? Peut-être exagéré, mais je considère que ce petit pas ne fera que des petits.

J’ai aidé, à ma manière et à la hauteur de mes forces et surtout mes disponibilités, c’est peut-être une bien grand mot, mais bon, à mettre au monde Québec 21, et à mener ses deux premiers élus à l’hôtel de ville. C’est en quelque sorte le bébé de crinqués de la politique, mais le bébé va grandir. Il vient de faire ses premiers pas. Envers et contre tous.

Les détracteurs auront beau dire que les deux conseillers de l’opposition officielle se sont opposés pour s’opposer. Faux! Les motifs invoqués sont nombreux, notamment:

  • l’explosion des coûts de la centrale de police
  • les salaires élevés de la direction
  • les subventions aux théâtres Diamant et Capitole
  • le déneigement
  • les «contradictions» du RTC
  • la fermeture de la bibliothèque Gabrielle-Roy pendant 2 ans
  • le déménagement du marché du Vieux-Port à ExpoCité
  • moins d’argent mis sur le remboursement la dette de la ville (quelle horreur!)
  • et quoi d’autre encore?

Mais surtout, c’est la nouvelle hausse de taxes — encore une! — pour les commerçants déjà pas mal taxés, parce qu’eux n’auront pas droit au gel promis dans ce même budget du côté résidentiel.

« Ils (les commerçants) ont été augmentés beaucoup depuis que M. Labeaume est maire ».
— Jean-François Gosselin sur le budget (21 décembre 2017)

Et 2018 ne fera pas exception. Comme si les entrepreneurs ne contribuaient pas assez…

Photo: Le Devoir, article du 12 décembre 2017.

Évidemment, rapidement les moqueries se sont multipliées sur la twittosphère et autres Facebook, comme le maire Labeaume s’est fait un malin plaisir de rire de ses adversaires en les accusant de voter contre un budget qui promet des gels de taxes… Et pourtant, il a tort de parler de gel de taxes, parce que les taxes non résidentielles sont à la hausse.

Même des amis à moi qui ont voté QC21 viennent de dumper le parti parce que MM. Gosselin et Mélançon ont eu le courage de voter contre le budget ce matin à l’hôtel de ville! C’est pas croyable… Ils disent qu’en votant contre, ils se sont discrédités. Ah! le seul fait de casser l’unanimité c’est mal? Ne serait-ce pas plutôt cette tendance à l’unanimité qui est un problème, comme on l’a trop vu à l’Assemblée nationale du Québec?

C’est grave, docteur? J’ai beaucoup de peine, je suis incapable de trouver le sommeil et je ressens une incommensurable rage au-dedans de moi ce soir. Je suis affligée qu’en 2017, on se moque des élus, tous paliers confondus, qui OSENT se tenir debout contre les hausses de taxes, quelles qu’elles soient. Vous allez me dire que même pas 2% de hausse de taxes non résidentielles, c’est rien… Mais 2% après une kyrielle de hausses sur les 10 dernières années, ça commence à faire beaucoup. André Arthur lui-même, plus tôt ce mois-ci, disait à Stéphane Gasse sur BLVD que la question à se poser est la suivante:

Combien de commerces vont fermer à Québec l’an prochain?

À deux conseillers courageux, à peine sautés sur la glace, je dis ceci: vous vous êtes tenus debout, vous avez accepté de faire face à la critique et (encore) aux moqueries du maire de notre ville, parce que le budget inclut des HAUSSES des taxes non résidentielles, encore des hausses, que des hausses, en retour de petits bonbons de même pas 20$ de moins sur le compte de taxe résidentielle. Ça ne paie même pas un café par jour si on fait les calculs de David Heurtel.

En tout cas, ce n’est pas pour flatter dans le sens du poil ni pour faire la belle, mais c’est la citoyenne de Québec qui vous parle.

Ce soir, je suis fière de vous, Jean-François et Stevens.

L’entreprise de mon mari n’a pas encore pignon sur rue et est au stade de démarrage, mais je suis profondément attristée de voir à quel point la machine a faim et qu’à force de surtaxer ça et là, même mon chéri pourrait se remettre en question.

Mais le pire dans tout ça, c’est que je suis désolée et découragée de voir si peu de colère parmi les citoyens, car on ne fait que hausser les taxes, impôts et tarifs de toutes sortes, que ce soit au fédéral, au provincial ou au municipal, mais dans la population silence radio.

Où est la révolution? Où est la hargne? Pourquoi la salle du conseil est-elle si peu remplie? Pourquoi personne ne réagit?

Lâchez pas!!

Réélection de Régis Labeaume: un flou qui a vraiment rapporté!!

Dans sa chronique au Prince Arthur Herald, Samuel Fillion Doiron a été cinglant envers les gens de Québec qui ont voté pour Régis Labeaume. Selon lui, ils avaient toute l’information prouvant que le maire sortant promettait un projet de transport structurant, et qu’ils ont couru après.

Voici le texte: http://princearthurherald.com/fr/labeaume-et-le-tranway-quebec-couru-apres/

Je suis parfaitement d’accord avec les informations que Samuel a écrites, mais je me permets une petite nuance:

Je vous rappelle que j’ai travaillé pour Québec 21, j’ai tout suivi, j’ai écouté toutes les rediffusions d’entrevues et chroniques sur les municipales de 2017, j’ai suivi les nouvelles, j’ai épluché tous les journaux, et jamais le maire Labeaume n’a poussé quelque projet que ce soit en transport en commun durant la campagne, il a volontairement entretenu un flou sur ses véritables intentions. Et c’est à la dernière minute qu’il a montré tout à coup de l’ouverture pour un 3e lien à l’Est. Se pourrait-il qu’un vent de changement soufflait véritablement en ville, et qu’on ait cherché à l’étouffer?

Démocratie Québec a présenté un projet de tramway, bien expliqué, on savait à quoi s’en tenir en votant pour Mme Guérette.

Vous savez comme moi que JF Gosselin et Québec 21 – Équipe JF Gosselin ont pris le leadership pour un 3e lien à l’Est.

M. Labeaume n’a rien présenté du tout. Sa campagne a été sur quoi? Des parcs, le prolongement de la promenade Samuel-de-Champlain, plus de radars photos en ville et quelques autres trucs totalement mineurs. N’importe quel candidat qui n’était pas maire sortant aurait ramassé des grenailles avec une telle non-plateforme.

Cela dit, un candidat de Québec 21 que je connais bien a sondé beaucoup de monde en porte à porte et m’a dit que la quasi totalité des pro-Labeaume ont dit qu’ils allaient voter pour lui parce que c’est un bon maire et qu’ils ne croyaient AUCUNEMENT qu’il nous arriverait avec quelque projet que ce soit. Cette clientèle qui est sortie voter ne votait pas pour le transport structurant, mais pour l’individu… c’est eux les premiers qui se sont fait rouler dans la farine tant qu’à moi.

C’est évident que M. Labeaume a volontairement caché ses véritables intentions et qu’il a entretenu un flou pour se faire réélire. Il a réussi, c’est clair. Mais bon, Samuel a raison, on devra vivre avec à moins d’un changement de gouvernement…

 

Pénurie de main-d’oeuvre: la Terre appelle Régis Labeaume!

J’étais à l’hôtel de ville lundi dernier, durant la séance du conseil le maire Régis Labeaume a réitéré son désir de travailler à régler le problème de pénurie de main-d’oeuvre qui afflige notre ville, notamment en allant en Europe (en avion) pour aider au recrutement. Pour ceux qui veulent l’entendre, vidéo ici (come on, les Webmestres! on ne peut plus lire les vidéos .flv avec Google Chrome, c’est vraiment pas le pied, merci de corriger!!)

Je suis parfaitement d’accord avec lui, c’est effectivement un problème, on le voit sur le terrain, combien d’entreprises cherchent des employés? J’ai approuvé à 100% son discours d’ouverture, et tous étaient prêts à aider, incluant l’opposition. Hep, les fans du maire, je suis d’accord, là! Il faut prendre le leadership et proposer des solutions à ce problème bien réel, qui touche ma ville qu’on dit «en plein emploi».

Un petit exemple: aujourd’hui, un de mes contacts, David Chabot, a affiché sur son mur Facebook une offre d’emploi à son restaurant:

Date: 20 décembre 2017, à environ 14:00 sur Facebook.

Mais j’ai des réserves quant aux moyens que veut prendre le maire… S’il veut recruter des gens qualifiés en Europe, c’est bien, mais dans les faits, combien d’entre eux se heurtent à des barrières bureaucratiques lors de leur arrivée, et sont incapables de se trouver du travail dans leur domaine d’expertise? Voici l’exemple de Mme Justine Testaert, infirmière française qui a répondu positivement à l’invitation de représentants du Québec faite à une foire d’emploi, une dame qui a de l’expérience, qui veut travailler chez nous, à Québec, mais qui n’y arrive toujours pas:

http://blvd.fm/reecouter/9441-100-normandeau-justine-testaert-s-est-fait-miroiter-un-travail-au-quebec-aujourd-hui-elle-perd-ses-illusions-en-arrivant-en-sol-quebecois#.WjsMGN_iaUk

Mais c’est épouvantable! J’arrive pas à le croire: d’un côté on envoie des gens aux foires de l’emploi tenues en Europe pour recruter de la main-d’oeuvre chez nous, mais d’un autre côté on empêche ces gens d’accéder à un emploi dans leur champ d’expertise… Et en même temps, combien d’infirmières québécoises formées au Québec sont forcées de faire du temps supplémentaire? Ce n’est pas tant un manque de ressources qu’un problème de gestion des ressources humaines.

Nathalie Normandeau a raison, c’est aux ministres et à leur personnel de cabinet qu’il faut s’adresser en tout premier lieu. Il faut d’abord corriger le problème à la source, et ensuite aller promouvoir notre ville à l’étranger. Mais tant que cela n’est pas réglé, inutile, totalement inutile d’aller scéner en France. Pourquoi M. Labeaume veut-il y aller alors?

La Terre appelle Régis Labeaume!
La Terre appelle Régis Labeaume!
Répondez, M. Labeaume!

Monsieur le maire, le parlement se trouve à deux pas de l’hôtel de ville, les ministres ont leur bureau en ville, c’est là que vous devez aller, pas en France!

Ah, et puis zut! Puisqu’il tient tant à voyager, je m’en remets au chef de l’opposition. S’il a la moindre once de gros bon sens et assez de contacts au provincial, Jean-François Gosselin fera assurément un bien meilleur travail en s’adressant aux bonnes personnes, par exemple au ministère de la Santé pour demander un accommodement, une dérogation, une procédure accélérée pour embaucher de nouvelles infirmières dans les hôpitaux de ma ville dès que possible.

Tramway: en as-tu vraiment besoin?

Source de la photo: blitztutorat.com, 3 octobre 2016

J’adore Pierre-Yves McSween!! Je me réjouis qu’enfin on ait des chroniques quotidiennes sur les finances et l’économie. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’il dit, mais sur le fond, sa contribution à la littératie financière au Québec est déjà énorme, et je l’en remercie. Si je le connaissais personnellement, je l’aurais invité à me rejoindre à l’hôtel de ville de Québec avant-hier pour la dernière séance ordinaire de l’année de son conseil… avec le même tee-shirt que sur cette photo! Sa phrase désormais célèbre devrait être affichée à l’hôtel de ville de Québec, à mon humble avis…

Vraiment, il y a matière à s’interroger sur le projet de tramway que le maire Régis Labeaume vient soudainement de ressusciter, avec la bénédiction du gouvernement du Québec, s’il vous plaît… Je suis incrédule, je partage totalement l’étonnement de Jean-François Gosselin, pour avoir travaillé à sa campagne je n’ai pas la berlue: jamais le maire n’a parlé de tramway en campagne électorale! En effet, si Anne Guérette (Démocratie Québec) a proposé un tramway avec — je le reconnais — un projet clairement défini, et M. Gosselin a pris le leadership pour un 3e lien à l’Est, Régis Labeaume n’a rien présenté du tout.

Voici mes questions:

  1. Ça coûtera combien?
  2. À qui iront tous les contrats?
  3. Quel sera l’impact de l’ajout de lignes de tramway aux tarifs du RTC?
  4. Est-ce que les gens de Beauport, de Charlesbourg et de la Haute-Saint-Charles seront mieux desservis une fois ces wagons électriques en service?
  5. Sera-t-on capable de supporter plusieurs années de travaux qui éventreront une importante partie du centre-ville, afin de refaire tout le système d’aqueduc, d’égout, de câblage électrique, etc. et ensuite de mettre l’infrastructure en place?
  6. A-t-on évalué adéquatement l’impact du retrait d’au moins deux voies de circulation au centre-ville?
  7. Les citoyens des quartiers desservis par le tramway seront-ils heureux de voir du câblage électrique surgir de nulle part?
  8. Le service fonctionnera-t-il en hiver? En cas de panne électrique?
  9. Le service améliorera-t-il la circulation nord-sud en ville?
  10. Est-ce que la ville de Lévis et toutes les autres municipalités voisines sur les deux rives du Saint-Laurent bénéficieront de ce service?

Bref… en a-t-on vraiment besoin?

 

Quand deux recrues donnent une leçon de politique 101!!

Qu’ont en commun la mairesse Valérie Plante, de Montréal, et le conseiller municipal Jean-François Gosselin, de Québec? Le gros bon sens.

Les deux sont jeunes, à peine la quarantaine, enfin des élus de la génération X (dont je suis)! Mais surtout, ils ont osé recentrer la politique municipale à ce qu’elle doit toujours être. Traduction : les citoyens d’abord.

D’abord, à Québec. C’est bien connu, Jean-François Gosselin est un homme de droite, formé aux États-Unis, et qui sait compter. Le genre comptable plate qui est un peu trop près de ses cennes… comme moi je les aime! Élu sous la bannière de l’ADQ en 2007 et l’automne dernier comme chef de l’opposition à Québec, il est clairement en porte-à-faux avec beaucoup d’artistes et les social-démocrates qui vivent à Québec. Mais malgré le fossé de 100 mètres de long et d’une profondeur abyssale qui l’en éloigne, c’est pourtant lui qui a répondu à la plainte de l’artiste-peintre Luc Archambault, qui croit avoir été arrêté par erreur parce qu’il se trouvait sur le chemin des antifas qui sont venus foutre le bordel dans la haute-ville le 25 novembre dernier à l’occasion d’une manifestation du groupe La Meute. Eh oui, le gars de Québec 21 et non Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec qui, en principe, est tout aussi à gauche que ce citoyen. J’étais là le 4 décembre dernier, au conseil de ville, pendant lequel M. Archambault s’est plaint au micro. Il a réclamé une suite, et… où étaient les membres de l’exécutif? Les conseillers d’Équipe Labeaume? Démocratie Québec? Pas là. C’est le petit nouveau qui s’est pointé, le plus inattendu des 21 conseillers. Il se faisait un point d’honneur de répondre à une plainte d’un citoyen de notre ville.

Bien joué, Jean-François!

Photo: le Soleil, par Pascal Ratthé (8 décembre 2017) Lien: lesoleil.com

Maintenant, à Montréal. La nouvelle mairesse, Valérie Plante, est une militante de gauche, écologiste, multiculturaliste, féministe… tout ce que vous pouvez vous imaginer de la gauche, elle y est. Je sais, j’exagère, mais disons que lorsque tous mes amis disent que c’est Québec Solidaire à Montréal (rires)… Le grand prix de Formule E qu’a présenté son prédécesseur Denis Coderre avait pour vocation de promouvoir l’électrification des transports, la défense de l’environnement, la verdoyance dans toute sa splendeur. Tout ce que Mme Plante préconise, quoi! Mais avant Noël, le 18 décembre 2017, bang! Elle n’y est pas allée par quatre chemins : la compétition aura lieu ailleurs qu’au centre-ville, ou c’est terminé! Devant l’impossibilité d’utiliser le circuit Gilles-Villeneuve ou de construire un autre circuit, le couperet tombe, il n’y aura plus de Formule E à Montréal. La mairesse a beau être verte, il était hors de question pour elle d’enfant-de-chienniser de nouveau la vie des citoyens, commerçants et visiteurs en barrant le centre-ville de Montréal en 2018, alors elle a tiré la plug.

Chapeau, madame la mairesse!

Caricature d’Ygreck du 18 décembre 2017

Cela dit, il faut reconnaître que les deux élus n’ont fait que leur travail. Mais pour qu’on en fasse des articles de journaux, et surtout que cela suscite la surprise, ne serait-ce pas là la preuve qu’il y a un problème avec nos politicos?