Ça sent la fin de régime à plein nez

C’est vraiment l’élection partielle la plus bizarre que j’aie jamais vue en 24 ans de vie adulte… Pour que le Parti libéral du Québec et la CAQ retirent leurs candidats, il fallait vraiment que nos élus aient enfin décelé le cynisme et le ras-le-bol chez leurs concitoyens. Et surtout, ils ont compris que le harcèlement psychologique, ça ne passe pas!

Mais encore, Louis-Hébert est une circonscription libérale, et à un an des élections le premier ministre Philippe Couillard a plusieurs raisons de procéder à un remaniement ministériel. Ce qui signifie que dans une telle situation, soit le parti présente un homme d’affaires connu ou tout autre poids lourd au CV impressionnant, soit les gens se bousculent au portillon et on procède à une investiture… Mais non, il a fallu travailler fort et parler à au moins 7 personnes avant d’en trouver une! Comment expliquer qu’il a été si difficile de trouver un candidat libéral? Ça, je ne comprends pas.

Je m’attendais vraiment à une investiture dans le comté. Eh non, et la nomination de Mme Ihssane El Ghernati pour remplacer un Éric Tétreault plombé par des histoires de billet de hockey à la loge de Lino Zambito et de harcèlement psychologique n’a pas autant d’éclat que le voudraient sûrement beaucoup de militants libéraux, à moins que ce soit une tentative, venant du parti, de convaincre les gens fâchés de la démission de Sam Hamad de ne pas rester chez eux le jour du vote.

Alors, si le Parti de Philippe Couillard est devenu si peu attirant, c’est que ça ne va pas bien du tout. Les Libéraux sont en fin de régime, et je doute de leur réélection l’an prochain. Est-ce que ça explique également la démission surprise de Jean-Louis Dufresne, qui était jusqu’à aujourd’hui le chef de cabinet du premier ministre Philippe Couillard?

«Selon ce que certains députés racontent, le cafouillage dans Louis-Hébert avec Éric Tétrault aurait été la goutte qui a fait déborder le vase pour M. Dufresne, qui était en poste depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard.

Lundi soir, dans Louis-Hébert, un militant a d’ailleurs raconté que le choix de M. Tétrault, celui de «l’establishment», était une erreur.»

Source: Journal de Québec

Image: Journal de Québec, 12 septembre 2017

Hmmm… ça ne ressemble pas à un départ volontaire.

Et j’ajouterais ceci : de source sûre, j’ai appris que des jeunes militants de droite, que je croyais partis au Parti libéral du Québec, seraient plutôt passés à la CAQ. Ajoutez à cela la station CHOI 98,1 FM Radio X Québec qui ne jure que par le parti de François Legault depuis quelques jours, et vous avez tout ce qu’il faut pour vous demander si les rats ne sont pas en train de quitter le navire…

Vous allez me dire, le PLQ va encore gagner parce que les gens vont encore voter rouge en se bouchant le nez pour bloquer le PQ, ma belle!?

C’était vrai en 2014. C’était vrai encore au printemps dernier, mais les dernières nouvelles sur le PLQ étant très négatives, aujourd’hui, je ne me demande plus pourquoi il y a encore des gens pour défendre le PLQ bec et ongles, mais plutôt pour combien de temps encore ils le défendront.

S’ils changent d’idées, il y a le Parti conservateur du Québec.

Comment tuer le PQ en 5 points

Chronique d’une mort annoncée. Chose certaine, ce parti que j’ai déjà appuyé dans ma jeunesse vient de me perdre définivement!

Point 1 – Tuer l’économie du Québec

Promettre de bloquer les pipelines, l’exploitation de nos ressources pétrolières, envoyer paître Amazon qui se cherche un lieu pour s’implanter et créer 50 000 emplois — oui, oui, Régis Labeaume, maire de Québec, qui a osé maudire publiquement l’entreprise de Jeff Bezos, est un ancien candidat péquiste qui a perdu son investiture en 1998 contre Jean-François Simard, et il fut le célébrant du très court mariage de Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder alors qu’il dirigeait toujours le PQ  — et toute autre mesure visant à réglementer, contrôler et imposer davantage les entreprises, voilà ce qui tue l’économie.

…pas les maudits capitalistes cupides et despotes du 1% qui oppriment les pauvres travailleurs du Québec!

Point 2 – Diminuer le financement des écoles privées

Cette hérésie démontre à quel point les militants et hauts dirigeants du parti ne savent pas compter. Les parents qui envoient leurs enfants au privé contribuent toujours au système public… par leurs impôts et les taxes scolaires. Et de plus, il en coûte moins cher à l’État pour un enfant à l’école privé que le même enfant à l’école publique, nonobstant la subvention.

Il s’agit purement d’ingérence dans le privé, une façon de le contrôler sous prétexte de demander aux écoles privées d’en faire plus pour intégrer des élèves en difficultés.

Laissons le marché répondre à la demande!

Point 3 – Renforcer la loi 101

Cette nouvelle « loi 202 » que nous promet Jean-François Lisée dans le cas de l’élection d’un gouvernement majoritaire du Parti Québécois veut faire ceci :

  • Appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale qui font affaire au Québec (banques, entreprises de télécommunications, transport interprovincial)
  • Appliquer la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés

Cette loi est déjà assez restrictive actuellement, et au lieu d’aller écoeurer les restaurants, pourquoi ne pas demander à l’OQLF de faire sa job, c’est-à-dire d’aller appliquer la loi là où il y a infraction (certains commerces sur l’île de Montréal)?

Point 4 – Restreindre l’accès aux cégeps anglophones par la porte arrière

Lors du dernier congrès du Parti Québécois, les délégués savaient à l’avance que leur chef refuserait toute proposition visant à bloquer l’accès au cégep anglophone aux étudiants francophones. Et pourtant… ces mêmes délégués ont adopté une proposition qui vise une diminution du financement des cégeps anglophones jusqu’à ce qu’il soit « aligné sur le poids démographique proportionnel à cette communauté »… Cela revient exactement au même!

C’est un scandale, rendus au cégep, ce sont des adultes! Une telle proposition liberticide brimera sérieusement des générations de jeunes dans leur employabilité, l’anglais est demandé de plus en plus en raison de la mondialisation. Et bientôt, il faudra connaître le mandarin, l’espagnol…

Et aujourd’hui à la radio, Jean-François Lisée, à la place, veut augmenter l’offre de cours d’anglais aux cégeps francophones pour compenser. Je regrette, mais vu les lacunes de l’enseignement de l’anglais au primaire et au secondaire, lorsqu’on atteint l’âge adulte, seule une immersion permet de rattraper le retard. Et le PQ veut empêcher les jeunes Québécois francophones de le faire? Scandaleux.

Et je désire rappeler que Jacques Parizeau lui-même disait ceci :

«Quelqu’un qui ne parle pas l’anglais dans notre société aujourd’hui est infirme»

Je parie qu’il est en train de spinner dans sa tombe!!!

Point 5 – Garder l’article 1

Ce n’est pas un hasard qu’à l’approche du congrès on ait pu voir «sur les internets» des capsules faisant pour la énième fois la promotion de l’indépendance du Québec.

Capture d’écran des capsules 50+1 réponses pour l’indépendance, sur Youtube.

La souveraineté est le projet d’une génération vieillissante, qui ne s’est pas transféré aux jeunes de 18-25 ans. De plus, je donne raison à André Arthur lorsqu’il dit que la vraie raison n’est pas de bâtir un pays fort, mais bien une haine des Anglais… Il s’agit donc de la pire raison qui soit pour justifier un projet de sécession.

Et après, vous vous demandez pourquoi les 18-25 ans font leur stage à la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec? Ces 5 points font de cette formation politique le dernier choix des Milléniaux et de la classe moyenne. Bravo, les champions!

 

Investir la CAQ pour la virer à droite??

Ce midi, à l’émission Duhaime-Ségal le midi, lors de l’entrevue accordée par Sylvie Asselin, candidate conservatrice pour la partielle dans Louis-Hébert, un auditeur a écrit au studio pour suggérer ceci: que le Parti conservateur cesse de présenter des candidats, et investisse la Coalition Avenir Québec tel une sorte de SPQ-Libre de droite afin de donner au parti de François Legault une conscience de droite.

Quoi????

Je tiens à répondre à cet auditeur:
D’abord, la CAQ est absolument incapable de se positionner à droite, le mot droite est comme dans la série Harry Potter le mot qu’il ne faut pas prononcer. Jugez-en par la twist récemment adoptée par M. Legault qui parle maintenant de gouvernement «d’extrême-centre».
Ensuite, pour ce qui a trait au seul fait d’investir un parti pour le tirer dans un sens ou dans l’autre, regardez aller les Libéraux nonobstant le positionnement clairement à droite de leur aile jeunesse, et parlez-en à Marc Bellemare pour voir si ça marche!

Oui, le Parti conservateur du Québec grandit!

Aujourd’hui encore, les gérants d’estrade continuent de reprocher au Parti conservateur du Québec de manquer de visibilité, de n’avoir aucune chance de former un gouvernement, de ne pas lever… S’il est vrai qu’à l’élection du 7 avril 2014 la formation d’Adrien Pouliot a obtenu des grenailles (0,4% du total des votes), vous trouverez ici de quoi rabattre le caquet de ces spectateurs et leur faire comprendre qu’en 3 ans on a fait d’énormes progrès, des progrès suffisants pour, j’espère, les convaincre de se joindre à nous. Les voici :

…Le parti est passé de 0,4% des votes en avril 2014 à 3% des intentions de vote à la grandeur du Québec dans le sondage Léger du mois d’août 2017

…Le parti est passé de l’invisibilité totale au Top 5 de Jean-Marc Léger en août 2017, remplaçant du coup Option Nationale

Sondage Léger du 26 août 2017 (photo: Le Journal de Québec)

…Le parti est passé de 0,4% des votes nationaux en avril 2014 à 8% des intentions de vote dans la région métropolitaine de Québec dans le même sondage Léger du mois d’août 2017

…Le parti est passé de l’invisibilité totale à un choix dans les sondages Léger nonobstant le penchant nationaliste et souverainiste notoire de Jean-Marc Léger, frère de Nicole Léger, députée péquiste de Pointe-aux-Trembles soit dit en passant

…Le parti est passé de l’invisibilité totale à une couleur sur les graphiques du blog QC125 et une case sur le blog Too Close To Call

Image du blog QC25 du 18 août 2017.

 

Image de Too Close To Call, en date du 21 juin 2017

…Le parti est passé de l’appui d’un seul député conservateur fédéral avant 2017 à l’appui de 5 candidats à la course à la chefferie du Parti conservateur du Québec de 2016-2017 : Maxime Bernier, Andrew Scheer, Kellie Leitch, Chris Alexander et Rick Peterson

…Le parti est passé de l’ignorance totale des députés conservateurs fédéraux à des rencontres très plaisantes comme celles – récentes – avec Gérard Deltell, député de Louis-Saint-Laurent, et Pierre Paul-Hus, député de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles

 

…Le parti est passé de l’ignorance totale des militants conservateurs fédéraux à :

  • Une arrivée – lente mais sûre! – de nouveaux membres des rangs conservateurs fédéraux, qui ont abandonné le Parti libéral du Québec ou la Coalition Avenir Québec à notre profit
  • Des dons de plus en plus nombreux et la participation plus active de militants du Parti conservateur du Canada aux activités du Parti conservateur du Québec

…Le parti a maintenant l’appui de sénateurs et anciens candidats conservateurs à l’élection du 19 octobre 2015, dont le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu qui a participé activement à notre dernier congrès en avril 2017! (Je désire le remercier sincèrement pour avoir fait corriger certaines de nos propositions de façon à les améliorer et à faciliter leur adoption, ce n’est pas rien!)

…Le parti a envoyé des candidats au Parti conservateur du Canada lors des élections du 19 octobre 2015. Surprise! nous devrions bientôt confirmer un premier candidat conservateur provincial issu du PCC pour le prochain scrutin provincial prévu le 1er octobre 2018.

…Le parti commence à être mentionné ailleurs qu’à CHOI Radio X Québec, par exemple Éric Duhaime le 30 août 2017 en ondes et sur Facebook en réaction à la déclaration de François Legault qui se voit chef d’un gouvernement « d’extrême-centre »

 

Alors, convaincus?

Devenez membres maintenant!

Oui, le paysage politique se réaligne au Québec

Sur mon blog, dans les heures suivant la démission de Pierre Karl Péladeau à titre de chef du Parti Québécois et député de Saint-Jérôme, j’annonçais un réalignement du paysage politique au Québec en raison de la lente agonie de l’option souverainiste.

Ma prédiction: fin des partis nationalistes et retour d’une course à trois entre le Parti libéral du Québec, le Parti conservateur du Québec et le NPD du Québec.

PLQ PCQ NPD

Vous allez me dire que le NPD du Québec n’est pas là… Plus maintenant! Car cette formation a élu son exécutif national à la fin d’avril 2017 et pourrait présenter un candidat — Denis Blanchette, qui a été député fédéral de 2011 à 2015 — dès l’élection partielle à venir dans la circonscription de Louis-Hébert pour succéder à Sam Hamad!

Informations ici: Le Soleil

Un mot: ALLÉLUÏA!

Le nom Nouveau Parti Démocratique et l’acronyme NPD ont une signification politique, historique et symbolique beaucoup plus puissante que Québec Solidaire, et pourrait contrairement à QS garantir sa survie à long terme.

Pourquoi? Québec Solidaire est un parti souverainiste, et l’option souverainiste est en déclin, tandis que le NPD se retrouve à la grandeur du Canada, tant au fédéral qu’au provincial. Ce défaut pourrait lui jouer des tours si jamais un poids lourd comme Thomas Mulcair accepte de briguer la direction du NPD du Québec, la course devant selon l’article du Soleil être lancée le 1er septembre prochain.

Les effets d’un retour du NPD seraient plus significatifs que vous ne pourriez le croire, pour les raisons suivantes:

  • Le Parti libéral du Québec, qui n’est de nos jours qu’une vulgaire coalition de fédéralistes, risque davantage de perdre des membres très à gauche au profit d’un NPD tout aussi fédéraliste qu’ils ne le feraient pour Québec Solidaire
  • Philippe Couillard et son ministre David Heurtel nous ont récemment présenté des projets de loi plus néo-démocrates que libéraux (lois sur les véhicules zéro émissions, écofrais, bourse du carbone et Fonds vert), et un NPD-Québec bien en selle (après l’élection d’un chef solide et l’adoption en congrès d’une plate-forme comprenant le Leap Manifesto de son parent fédéral) lui ferait une sacrée compétition que même le premier ministre Couillard pourrait sous-estimer…
  • Aux élections fédérales de 2011 et 2015, il s’est élu plusieurs députés néo-démocrates sur l’île de Montréal, alors qui sait!…

Cela serait une excellente nouvelle pour la démocratie, parce que la coalition libérale — déjà fragilisée, à mon humble avis, par le déclin de l’option souverainiste et le ballon d’essai raté de Philippe Couillard qui veut rouvrir le débat constitutionnel alors que tout le monde s’en fiche! — se casserait une fois pour toutes, assez  pour que les membres à gauche aillent au NPD-Québec et ceux de droite au Parti conservateur du Québec.

Si vous saviez comme je m’en réjouis!

Où devrait aller un ex-adéquiste?

Le printemps dernier, j’ai eu la chance de prendre une bière à mon Beauport natal avec des amis conservateurs de ma région. C’était en plein blitz final de la course à la chefferie conservatrice et tous les paliers de gouvernance y ont passé… y compris les commissions scolaires.

La nostalgie fut également au rendez-vous, car j’étais en compagnie d’anciens militants de l’Action démocratique du Québec. 10 ans après l’entrée spectaculaire du parti de Mario Dumont à l’opposition officielle, ce fut très plaisant de se remémorer des bons souvenirs.

Ancien logo ADQ

La plupart des gens réunis étaient contre la fusion entre l’ADQ et la CAQ, pour à peu près les mêmes raisons que j’avais de ne plus appuyer la formation de François Legault. Mais peu d’entre eux ont osé prendre leur carte de membre du Parti conservateur du Québec.

Et pourtant, seul le PCQ défend l’abolition des commissions scolaires, la fin des CPE contre 100$/semaine par famille, et le privé en santé. Ce sont d’ailleurs les trois enjeux les plus importants d’un ami qui était présent, mais qui depuis le printemps étudiant de 2012 milite pour le Parti libéral du Québec.

Tout d’abord, la surprise immense de le voir là!!! D’abord, je le comprends d’avoir refusé de suivre son ancien parti dans la CAQ. Ensuite, j’ai fait la part des choses parce que c’est à peine si les Conservateurs sont de retour dans le paysage politique, et c’était dans un contexte de printemps étudiant, en 2012, qu’il a pris la décision de mettre un petit bleu dans le PLQ. Mais je m’explique mal pourquoi cet ami n’a pas voulu laisser sa chance au Parti conservateur du Québec deux ans plus tard, car c’est le seul parti qui ait défendu les 3 enjeux mentionnés plus haut, et qui lui tiennent tant à coeur, en campagne au printemps frisquet de 2014.

2012 était l’année où le Parti québécois devait logiquement revenir au pouvoir, et majoritaire s’il vous plaît! En effet, cela faisait des mois que les Libéraux de Jean Charest, usés par 9 ans de pouvoir, étaient sur la sellette, écrasés par des scandales de toutes sortes, et pressés par l’opposition de tenir une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Je lève mon chapeau à la regrettée Sylvie Roy, qui n’a jamais abandonné. Mais il y a eu également le printemps étudiant qui a monopolisé une bonne partie de l’année 2012 parce que les étudiants des cégeps et universités du Québec contestaient la hausse des droits de scolarité votée dans le budget de mars 2011. Hausse que j’approuvais à 100% et pour laquelle j’ai ouvertement défendu nos institutions démocratiques, sans pour autant prendre ma carte de membre du PLQ. J’en étais tout simplement incapable.

Récemment, l’ex-député Sylvain Lévesque nous a enseigné à la radio ce qu’est la Wedge Politics. Sa chronique très intéressante explique comment un parti peut jouer cette carte pour diviser la population en deux et espérer gagner, en mettant à l’avant-plan un enjeu secondaire la plupart du temps, mais qui fait jaser jusque dans l’urne. Cette stratégie, au Québec, a pour but évident de réduire l’influence de la «troisième voix» introduite en 2007 par l’ADQ.

Le conflit étudiant de 2012, qui a carrément supplanté tous les scandales libéraux, a été un wedge issue sur lequel le Parti Québécois de Pauline Marois misait pour regagner le pouvoir, car la Coalition Avenir Québec à peine formée était d’accord avec la hausse des droits de scolarité. Les syndicats, qui appuient généralement le PQ, sont alors intervenus de façon très visible en finançant le conflit étudiant à même les cotisations de leurs membres. Je m’en souviens comme si c’était hier – étant en congé de maternité, j’ai tout suivi tant à la radio qu’à la télévision en berçant mon bébé. Et c’est là que mon positionnement à droite s’est cristallisé. Merci, Martine, Léo et Gabriel pour votre aide!

Frapper sur des casseroles et arborer le carré rouge en plein salon bleu fut un pari très risqué de la part des péquistes et des syndicats, car le 4 septembre 2012, Pauline Marois n’est arrivée au pouvoir que par la peau des fesses, parvenant à élire seulement 54 députés péquistes, contre 50 libéraux. Il est clair les Québécois n’ont pas aimé ça. Belle leçon sur les risques de la wedge politics…

Ce conflit a laissé des traces, mais de là à pousser des adéquistes chez les Libéraux il semble y avoir une sacrée marge… Surtout si on a vraiment à cœur le privé en santé, l’argent aux familles au lieu des CPE et l’abolition des commissions scolaires. Je sais, je parle en conservatrice full patch.

Vous allez me dire, où tu t’en vas avec ça, ma belle?

La réponse est simple : je ne crois pas au jour où un gouvernement libéral abolira les commissions scolaires, les CPE et le monopole du public en santé.

Pourquoi? Pour chacun des 3 points, je vous donne ici les raisons :

Santé

Le Parti libéral du Québec n’est aucunement différent de son parent fédéral en ce qui a trait à la tendance malsaine à vouloir tout centraliser, tout contrôler. La santé ne fait pas exception. Comme exemple flagrant, les agences régionales de santé et services sociaux devaient être abolies. Le gouvernement l’a fait… mais a placé des CISSS et des CIUSSS qui font exactement la même chose. Seule l’appellation a changé… Et vous n’avez qu’à suivre le ministre de la santé Gaétan Barrette.

Vous croyez vraiment qu’un gouvernement libéral acceptera plus de privé en santé, notamment en permettant aux familles de prendre une assurance santé complète, et aux employeurs d’offrir un plan complet à leur personnel? Vous croyez qu’un jour un médecin pourra faire à la fois de la pratique privée et du dépannage en urgence dans nos hôpitaux publics? Moi, je n’y crois pas, quand même le premier ministre Couillard sortirait une promesse en ce sens durant les prochaines élections.

NE LE CROYEZ PAS!

Garderies remplacées par 100$/semaine par enfant de moins de 6 ans

Vous me direz que c’est le PQ qui a mis le système de Centres de la petite enfance et de subventions en place? Oui, tout à fait. Mais ce n’est pas d’hier que le Parti libéral du Québec hérite de structures mises en place par un gouvernement péquiste sortant… et qu’il en profite!! Les permis de garderie sont une mine d’or pour les Libéraux, ils ne les laisseront pas tomber, je vous en passe un papier.

Pourquoi? Il y a tellement d’intérêts partisans et financiers – souvenez-vous de l’histoire des Post-it collés sur les CV de candidats à la profession de juge, lors de la commission Bastarache – à ce que le gouvernement gère l’attribution de places en garderie plutôt que de laisser le marché décider, et cela malgré les changements aux règles de financement des partis politiques. Je lance d’ailleurs un appel aux jeunes femmes qui veulent obtenir la subvention pour leur service de garde : une volontaire pour faire un don de 100$ au PLQ? Ce n’est pas cher, seulement 100$! Vous saurez me dire…

Alors si jamais Philippe Couillard promet cette politique, c’est pour voler des votes au Parti conservateur du Québec aux urnes uniquement.

NE LE CROYEZ PAS!

Abolition des commissions scolaires

Tout d’abord, vous savez tous que la communauté anglophone du Québec tient aux commissions scolaires. C’est un palier de démocratie dans lequel les familles anglophones s’impliquent sérieusement, car ils ont l’éducation à coeur plus que les francophones (hélas, un fait). Le PLQ a besoin des anglophones de l’île de Montréal pour rester au pouvoir. Alors, il  ne promettra pas d’abolir les commissions scolaires!

Mais ils l’ont promis une fois élu!!! Oui, c’est un fait. Surtout après le taux de participation anémique lors du dernier scrutin scolaire. Et nous avons tous vu nos derniers ministres de l’éducation promettre l’abolition des élections scolaires et des commissions scolaires, ou du moins nous donner l’impression qu’ils y travaillaient. Tout particulièrement François Blais, qui prenait cet enjeu très au sérieux, et avait annoncé la fin des élections scolaires… Tous dégommés. C’est clair qu’il y a eu un retentissant PAS TOUCHE et il est facile de s’imaginer que si Sébastien Proulx, un ex-adéquiste qui a profité de la porte ouverte dans Jean-Talon, a été promu à l’éducation, c’est qu’il a forcément renié son passé adéquiste. Quel gâchis!!

C’est pourquoi le jour où les commissions scolaires seront remplacées par un bon universel d’éducation, c’est-à-dire l’argent qui suit l’enfant, ce sera sous la gouverne d’Adrien Pouliot et rien d’autre.

Et la CAQ, elle? me direz-vous. François Legault a promis de remplacer les commissions scolaires par des centres de services. Traduction : remplacement, et non abolition.

NE LES CROYEZ PAS!

Mais alors, qu’allons-nous faire?

J’invite tous ceux qui ont cru en Mario Dumont et en l’Action démocratique du Québec de bien examiner les actions et articles sur tous les partis dûment enregistrés au Directeur général des élections du Québec, et de voir lequel se rapproche le plus du défunt parti. Vous allez avoir des surprises!

 

On se revoit donc à une prochaine activité du PCQ !

Pourquoi des vacances de la construction?

Avez-vous remarqué qu’au Québec, à chaque été, la quasi-totalité des chantiers de construction ferment pendant deux semaines et qu’un grand nombre de familles se retrouvent en vacances à cette période précise de l’année? C’est tout simple : depuis 1971, un congé obligatoire est accordé aux travailleurs de l’industrie de la construction. (Source : Wikipédia (français))

Ironiquement, c’est sous le règne du gouvernement libéral de Robert Bourassa que cette mesure a été mise en application! Jusqu’à 1992, les dates étaient fixées par décret gouvernemental, mais depuis 1993 ce sont les conventions collectives du secteur de la construction qui ont pris le relais.

Les conventions collectives couvrent tant les contrats publics que privés, ce qui inclut les chantiers routiers, la construction résidentielle, les immeubles commerciaux, les fondations, la démolition, ainsi que plusieurs fournisseurs et opérateurs de machinerie lourde. Cela veut dire que c’est une industrie entière qui cesse ses opérations et que presque le quart de la population de la province est en vacances pour deux semaines complètes du 23 juillet au 5 août 2017. Sans aucun autre choix.

Il y a heureusement quelques exceptions acceptées par la Commission de la construction du Québec, permettant à certaines entreprises de demeurer au travail durant les vacances de la construction, par exemple pour des travaux routiers urgents qui ne peuvent pas être mis de côté pendant deux semaines. Mais malheureusement le trou béant de l’autoroute 25 restera intact durant les vacances de la construction…

Pourquoi des vacances obligatoires en plein été? C’est pourtant le meilleur temps de l’année pour les chantiers de toutes sortes, sans oublier que la période propice aux travaux est réduite durant l’année au Québec en raison de nos hivers.

Où est le problème, me direz-vous? Si les infirmières veulent du temps de repos, doit-on fermer les hôpitaux? Si les comptables agréés veulent un congé en pleine période des impôts, le gouvernement fédéral doit-il fermer son agence du revenu pendant une semaine? Si les pompiers veulent des vacances, doit-on fermer les casernes? Bien sûr que non, alors pourquoi ferme-t-on les chantiers pendant 2 semaines en plein été?

Je considère que d’imposer deux semaines fériées et chômées obligatoires durant une période de pointe de l’année civile est une mauvaise idée, parce que ça enlève à trop de gens la liberté de choix pour leurs vacances, ça augmente le risque d’accidents en raison du flux anormalement élevé de véhicules de promenade et de VR sur nos routes (déjà plusieurs accidents selon le Journal de Québec), et surtout ça cause du tort aux entrepreneurs en leur enlevant deux semaines de travail. Sans parler de travaux urgents qui sont repoussés, comme le trou béant sur l’autoroute 25 à la hauteur de Saint-Roch-de-l’Achigan qui devra attendre…

C’est pourquoi, alors que le quart des Québécois sont en vacances d’après les estimés de plusieurs, ne devrait-on pas nous interroger sur le bien-fondé d’une telle mesure prise il y a 45 ans et la remettre en question? Pourquoi ailleurs sur le continent personne ne se plaint de travailler sur les chantiers durant l’été?