Qu’ont en commun la mairesse Valérie Plante, de Montréal, et le conseiller municipal Jean-François Gosselin, de Québec? Le gros bon sens.

Les deux sont jeunes, à peine la quarantaine, enfin des élus de la génération X (dont je suis)! Mais surtout, ils ont osé recentrer la politique municipale à ce qu’elle doit toujours être. Traduction : les citoyens d’abord.

D’abord, à Québec. C’est bien connu, Jean-François Gosselin est un homme de droite, formé aux États-Unis, et qui sait compter. Le genre comptable plate qui est un peu trop près de ses cennes… comme moi je les aime! Élu sous la bannière de l’ADQ en 2007 et l’automne dernier comme chef de l’opposition à Québec, il est clairement en porte-à-faux avec beaucoup d’artistes et les social-démocrates qui vivent à Québec. Mais malgré le fossé de 100 mètres de long et d’une profondeur abyssale qui l’en éloigne, c’est pourtant lui qui a répondu à la plainte de l’artiste-peintre Luc Archambault, qui croit avoir été arrêté par erreur parce qu’il se trouvait sur le chemin des antifas qui sont venus foutre le bordel dans la haute-ville le 25 novembre dernier à l’occasion d’une manifestation du groupe La Meute. Eh oui, le gars de Québec 21 et non Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec qui, en principe, est tout aussi à gauche que ce citoyen. J’étais là le 4 décembre dernier, au conseil de ville, pendant lequel M. Archambault s’est plaint au micro. Il a réclamé une suite, et… où étaient les membres de l’exécutif? Les conseillers d’Équipe Labeaume? Démocratie Québec? Pas là. C’est le petit nouveau qui s’est pointé, le plus inattendu des 21 conseillers. Il se faisait un point d’honneur de répondre à une plainte d’un citoyen de notre ville.

Bien joué, Jean-François!

Photo: le Soleil, par Pascal Ratthé (8 décembre 2017) Lien: lesoleil.com

Maintenant, à Montréal. La nouvelle mairesse, Valérie Plante, est une militante de gauche, écologiste, multiculturaliste, féministe… tout ce que vous pouvez vous imaginer de la gauche, elle y est. Je sais, j’exagère, mais disons que lorsque tous mes amis disent que c’est Québec Solidaire à Montréal (rires)… Le grand prix de Formule E qu’a présenté son prédécesseur Denis Coderre avait pour vocation de promouvoir l’électrification des transports, la défense de l’environnement, la verdoyance dans toute sa splendeur. Tout ce que Mme Plante préconise, quoi! Mais avant Noël, le 18 décembre 2017, bang! Elle n’y est pas allée par quatre chemins : la compétition aura lieu ailleurs qu’au centre-ville, ou c’est terminé! Devant l’impossibilité d’utiliser le circuit Gilles-Villeneuve ou de construire un autre circuit, le couperet tombe, il n’y aura plus de Formule E à Montréal. La mairesse a beau être verte, il était hors de question pour elle d’enfant-de-chienniser de nouveau la vie des citoyens, commerçants et visiteurs en barrant le centre-ville de Montréal en 2018, alors elle a tiré la plug.

Chapeau, madame la mairesse!

Caricature d’Ygreck du 18 décembre 2017

Cela dit, il faut reconnaître que les deux élus n’ont fait que leur travail. Mais pour qu’on en fasse des articles de journaux, et surtout que cela suscite la surprise, ne serait-ce pas là la preuve qu’il y a un problème avec nos politicos?


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